L’implantation de la radio chinoise au Sénégal : une stratégie localisée aux enjeux globaux

Selma MIHOUBI

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Résumé

Depuis septembre 2015, les Sénégalais peuvent écouter les émissions en français et en chinois de RCI, la radio d’État chinoise. Pourtant, RCI est implantée depuis 2010 en Afrique francophone. Sans véritable rédaction constituée à ses débuts, la radio chinoise s’est retrouvée en difficulté au Sénégal, face à des acteurs internationaux bien installés comme RFI ou BBC. De l’extérieur comme sur le terrain, l’entreprise médiatique chinoise au Sénégal a eu des airs de « coquille vide » dans une société où les langues locales comme le wolof priment à la radio. Mais grâce à une diplomatie offensive et un ancrage territorial stratégique, RCI a entamé sa percée dans le paysage médiatique local, pour participer aux ambitions globales du pouvoir communiste chinois : établir un nouvel ordre mondial des médias. L’objectif est le contrôle des opinions publiques africaines, dans la guerre des représentations opposant médias d’États chinois, et français ou britannique.

Mots clés : géopolitique, radio, aménagement territorial, représentations, influence.

Abstract

Since 2015, Senegalese people have been able to listen to CRI (China Radio International, Chinese state radio) programs in French and Chinese. However, CRI was first estabilished in French-speaking Africa in 2010. The Chinese station found itself in trouble at its beginnings without an effective newsroom and competing with well-established international services, such as RFI and the BBC. From the outside as well as on the ground, the Chinese media venture in Senegal looked like an « empty shell » in a society in which local languages like Wolof prevail on air. Yet, thanks to a diplomatic offensive and a strategic territorial position, CRI had its breakthrough in the local media landscape, and could participate in the Chinese Communist Party’s global ambitions: to establish a new media world order. The main goal is the control of African public opinion in the war of representation pitting Chinese state media against France’s and England’s.

Keywords: Geopolitics, Radio, Country planning, Representations, Influence.

Resumen

Desde septiembre de 2015, los Senegaleses pueden escuchar las emisiones en francés y en chino de RCI, la radio estatal china. Sin embargo, la radio RCI fue implantada desde el 2010 en África de habla francesa. Sin redacción verdadera constituida en sus comienzos, la radio china se encontró en dificultad en Senegal, frente a actores internacionales bien instalados como RFI o BBC. Desde el exterior como en el mismo territorio, la empresa mediática china en Senegal tuvo aires de « cascarón hueco”, en una sociedad donde las lenguas locales como el Wolof prevalecen en la radio. Pero gracias a una diplomacia ofensiva y un anclaje territorial estratégico, RCI inició su inserción en el paisaje mediático local, para participar en las ambiciones globales del poder comunista chino: establecer una nueva orden mundial de los medios de comunicación. El objetivo es el control de las opiniones públicas africanas, en la guerra de las representaciones que opone radios estatales china, francesa o británica.

Palabras claves: Geopolítica, Radio, Ordenación territorial, Representaciones, Influencia.

Introduction

« L’art de la guerre, c’est de soumettre l’ennemi sans combat », écrivait Sun Tsé vers le VIe siècle avant J.-C. Une stratégique militaire encore appliquée aujourd’hui par la République Populaire de Chine (RPC) à travers son implantation médiatique au Sénégal et son entrée dans la guerre de l’information et des représentations. La radio d’État chinoise dispose depuis 2010 de quatre relais FM du nord au sud-ouest du Sénégal (Saint-Louis, Dakar, Kaolack, Ziguinchor), émet en français et en chinois.

Alors que l’intérêt de la Chine pour l’Afrique est croissant, les représentations de cette puissance émergent dans les médias occidentaux qui dominent la Société mondiale de l’information, véhiculant une image négative de la puissance chinoise. Dès 2010, les rencontres entre ministres de la Communication du Sénégal et de la Chine s’intensifient et aboutissent à l’organisation de sommets autour de la coopération médiatique sino-sénégalaise, pour favoriser les échanges entre professionnels des médias et ainsi, la territorialisation de la radio internationale chinoise sur place. Une telle volonté politique traduit le rôle des messages ou représentations médiatiques, au cœur des rivalités de pouvoirs entre les États. Les représentations utilisées en tant qu’outils ou armes par les États à travers leurs médias ont ainsi vocation à être diffusées aux opinions publiques locales dans des zones convoitées.

En implantant sa radio au Sénégal, et, de là, à travers l’Afrique francophone, la Chine tente une stratégie d’influence des opinions publiques locales, mais qu’en est-il de son influence auprès de ses populations ? Comment deux États aussi éloignés, et n’ayant pas eu de relations diplomatiques pendant plus d’une décennie, peuvent-ils établir une coopération médiatique ? À ses débuts, la radio chinoise a connu de nombreuses difficultés politiques, géographiques, économiques et socioculturelles, entravant une implantation effective sur le terrain sénégalais. Mais grâce à une opération séduction politique et économique du pouvoir chinois, Radio Chine Internationale a pu faire une percée dans le paysage médiatique local. Aussi, une analyse statistique des productions de RCI a été établie afin de préciser le(s) message(s) véhiculés par la radio chinoise.

Méthodologie

Cinquante articles de RCI ont été sélectionnés lors de cette étude. Il s’agit de productions de la radio chinoise en français à destination du public sénégalais. Ils ont été publiés ou diffusés entre fin 2012 et mars 2015, soit quelques mois avant le lancement officiel de la rédaction sénégalaise de la radio chinoise (septembre 2015). Implantée depuis 2010 en FM dans quatre villes du Sénégal, la RCI a d’abord fonctionné avec une équipe de deux personnes, une journaliste et un technicien, qui produisaient localement, tant bien que mal, quelques sujets radiophoniques. Les difficultés de la langue, de la mise en place d’un lien avec des auditeurs qui découvrent une culture et des traditions éloignées, inconnues, ont entravé le bon fonctionnement de la radio avant le développement d’une équipe de journalistes sénégalais, recrutés par la direction chinoise de la RCI.

Le projet, soufflé aux dirigeants de la RPC par le conseiller culturel de l’ambassadeur de Chine à Dakar, a connu des débuts très institutionnels, reprenant principalement les communiqués officiels de la Xinhua, l’agence officielle chinoise de presse. Les productions de la RCI avec une journaliste sur place s’orientent progressivement vers des sources de la société civile, des locaux, qui font vivre les reportages à destination des populations des grandes villes sénégalaises. 48% des articles étudiés sont des « reportages sur place », et mettent à l’antenne des acteurs civils de Dakar, Ziguinchor, Saint-Louis ou encore Kaolack.

Pour cette étude, chaque article analysé a fait l’objet d’un listage des acteurs et lieux cités, et leur nombre d’apparitions a également été relevé. Les sources utilisées ont, elles aussi, été identifiées puis chiffrées, afin d’avoir une idée globale des types de sources privilégiés. Dans le cas de RCI au Sénégal, 50% des sources utilisées sont officielles (gouvernements), donnant un ton institutionnel aux articles abordés dans cette étude. Ainsi, Xia Huang, ambassadeur de la Chine à Dakar, est le troisième acteur le plus cité parmi les productions de RCI étudiées (43 occurrences). Le gouvernement chinois est l’acteur le plus présent dans ces productions, avec 107 répétitions. Un résultat que les titres des sujets de la RCI laissent deviner : ils traitent principalement des relations sino-sénégalaises, des réalisations chinoises sur place ou encore des contentieux du pouvoir chinois avec son voisinage proche. La radio chinoise fait ainsi intervenir des acteurs sénégalais revenus de Chine pour doubler des séries chinoises, pour parler des similitudes entre les deux cultures, ou encore, des dirigeants locaux là où les investisseurs chinois ont rénové stades et hôpitaux. Les reportages sur place – qui représentent 48% des réalisations de la radio chinoise au Sénégal – traitent de la présence de personnel chinois accompagnant les Sénégalais dans leurs difficultés quotidiennes. La radio a ainsi couvert des consultations bénévoles organisées par des médecins chinois à Dakar et en Casamance, ou encore, des agents agricoles chinois apportant leur savoir-faire dans les rizières sénégalaises. Autant de sujets qui mettent en avant la fraternité et la solidarité entre les deux peuples, en opposition avec l’opportunisme des Américains, et/ou encore, contre des « médias occidentaux biaisés », qui « envient la coopération sino-africaine » (« L’Occident envie la coopération sino-africaine », Xinhua, 2 février 2015).

RCI fait la promotion du « rêve chinois » afin de mettre en avant le statut de puissance mondiale de la Chine, tout en relativisant la perte de vitesse de son économie, traitée comme un « retour à la normalité », après des années de forte croissance. Des discours de l’ambassadeur de Chine au Sénégal sont également régulièrement relayés, notamment lorsqu’il mentionne des rivalités internes (contentieux en mer de Chine) : RCI diffuse ainsi des interventions de politique intérieure sur les ondes africaines, portant aux opinions publiques locales la posture de la Chine en Asie et dans le monde entier, celle d’un État fort et influent sur ses voisins comme à travers les océans.

Les débuts de la rédaction composée de journalistes sénégalais formés par la direction chinoise de la RCI n’ont pas été pris en compte dans cette étude chiffrée, mais il reste important de noter la transition de la programmation vers plus des débats et des reportages locaux plus diversifiés, tout en gardant pour thème de fond la mise en valeur de la culture chinoise et de ses similitudes avec la culture sénégalaise.

Plus largement, cette analyse statistique permet d’observer l’utilisation de la radio d’État par les autorités chinoises afin d’asseoir leur effort diplomatique avec le Sénégal. La RCI devient dès lors un relais pour la couverture de la coopération sino-sénégalaise, afin de promouvoir les relations entre les deux pays et les deux peuples, mais aussi, pour permettre à la Chine d’entrer dans le paysage médiatique local, dominé par des médias dits occidentaux (français, anglais, américain, allemand).

Médias.Chinois.Sénégal.Fig.1

Figure 1 : Implantation des médias chinois au Sénégal, entre développement et clivages territoriaux.

La carte (fig. 1) permet d’observer la stratégie géographique pensée par le pouvoir chinois afin de rayonner au Sénégal. À partir d’une implantation à Dakar où se concentrent de nombreuses organisations internationales et institutions, RCI a pu disposer de relais FM dans trois autres villes, du nord ou sud-ouest du pays. Une manière de diffuser l’information vue par Pékin sur le territoire sénégalais, où se perpétuent les inégalités entre l’est et l’ouest du pays, ouvert sur l’Atlantique.

Entraves/difficultés à l’implantation des médias chinois au Sénégal

Les ambitions de la Chine pour sa radio d’État au Sénégal semblaient, dans un premier temps, compromises. La marginalisation politique de Pékin, ainsi que de ses médias au caractère propagandiste, mais aussi, la domination française ont entravé le déploiement de l’influence médiatique chinoise au Sénégal, qui met du temps à s’imposer.

Dynamiques politiques contre la puissance médiatique chinoise

La radio d’État internationale en Chine, RCI, est régie par le Département de propagande. C’est l’un des principaux leviers de pouvoir, de contrôle politique du Parti communiste chinois (PCC). Il contrôle les médias, les télécommunications, applique aussi la censure et la répression systématique des dissidences. Il a mis en place des médias d’État à vocation internationale, afin de diffuser la culture et le mode de vie chinois, et d’assurer une représentation positive de la Chine et du PCC à l’étranger (Chwen Chen, Colapinto & Luo, 2010).

Radio Chine Internationale, fondée en 1941, utilise principalement les informations de l’agence Xinhua, considérée par l’ONG Reporters sans frontières comme la plus grande « agence de propagande au monde » (quand Pékin impose sa propagande hors de ses frontières, rsf.org). Tai Xueqing, rédactrice en chef de la radio chinoise au Sénégal, rencontrée à Dakar en février 2015, précise que toutes les productions sur lesquelles elle travaille sur place sont envoyées et montées à Pékin, avant diffusion sur les ondes sénégalaises. L’information passe ainsi par le filtre du PCC, avant d’être validée pour l’émission. Destinées aux populations locales largement équipées en radios, RCI a choisi de faire intervenir la société civile dans ses productions : 48% des articles étudiés sont des reportages sur place, mettant en scène des populations locales. Un souci du déplacement n’étant qu’une mise en scène agréable cachant une actualité et un angle choisis : les sujets se concentrent principalement sur les réalisations locales des entreprises chinoises, ou encore, s’orientent autour des actions des missions agricoles ou médicales chinoises, ces deux derniers acteurs étant parmi les plus cités par RCI. Les interviews proposées concernent systématiquement des acteurs impliqués dans des projets de la RPC au Sénégal. Sur une soixantaine de productions de la radio chinoise au Sénégal étudiée, le gouvernement chinois apparaît 107 fois. Il s’agit de l’acteur le plus cité, suivi par le gouvernement sénégalais, avec 73 occurrences. Le traitement de l’actualité met en avant le pouvoir chinois par rapport au gouvernement sénégalais, noyé par la surreprésentation de l’État chinois et du PCC.

Les médias chinois ont rencontré de nombreuses difficultés administratives au Sénégal à cause des héritages bureaucratiques liés à l’ancien colonisateur français, selon She Mingyuan, représentant pour la communication et la culture rencontré à l’ambassade de Chine à Dakar en février 2015.

« Les médias en Afrique noire sont le résultat d’un transfert de technologies dont les premiers bénéficiaires avaient été, pour la presse et plus tard, pour la radio, des Européens installés en Afrique. Les dirigeants africains des nouveaux États ont hérité de la concentration des pouvoirs que les colonisateurs avaient opérée dans les zones francophones » (Tudesq, 2002), et la situation se prolonge aujourd’hui. En 1960, le Sénégal colonisé par la France prend son indépendance. Dès lors, la télévision et la radio ont connu leur essor sous l’impulsion des autorités françaises, à travers l’UNESCO. Malgré l’avènement des médias privés dans les années 1990, l’arsenal médiatique sénégalais reste encore aujourd’hui sous la houlette du pouvoir central basé à Dakar.

Sources.Radio.Chinoise.Fig.2

Figure 2 : Les sources de la radio chinoise au Sénégal : entre souci de terrain et tentation officielle.

Parmi les articles de RCI étudiés, la moitié a comme source de base des communiqués ou déclarations officiels de dirigeants chinois ou sénégalais. Excepté deux papiers reprenant des informations de médias locaux, l’autre moitié des productions de RCI sont des reportages de terrain. Si tous les acteurs, officiels et civils, semblent représentés dans ce panel, il s’avère que les sources locales sont principalement des coopérants avec les entreprises ou missions chinoises. Ces constatations permettent d’affirmer l’omniprésence d’un discours positif sur la Chine, par des sources officielles comme extérieures aux cercles de pouvoirs.

Médias chinois au Sénégal : quel véritable impact ?

L’information est bien présente au Sénégal, mais quelle information, et comment y accéder ? « La notion de centre et périphérie, traditionnelle dans la réflexion géographique, permet de mesurer le degré d’intégration médiatique dans un espace, de comprendre la maîtrise du territoire par la couverture médiatique, les interconnexions des sous-espaces à l’intérieur d’un territoire, la diversité des acteurs sur le territoire » (Boulanger, 2014). Ces clefs d’analyse de la géopolitique des médias mettent en avant une centralisation de l’information au Sénégal par la concentration des administrations et acteurs médiatiques à Dakar, défavorisant les périphéries. Il existerait même un « ghetto dakarois » de l’information (Barry, 2013), quand près de 57% de la population vit en milieu rural.

En étudiant de plus près les médias sénégalais, « on voit qu’il y a peu de profondeur de champ, beaucoup de rumeurs, d’informations non vérifiées, et peu de documentation »[1]. Pour Lalla Sy, journaliste pour la BBC Afrique à Dakar, « tout le monde peut devenir journaliste au Sénégal, donc il y a un problème dans la formation. Parfois dans les médias ici, c’est plus du relationnel que de l’information ». Lors de notre entretien, Tai Xueqing de RCI à Dakar ajoute que les médias locaux « manquent de professionnalisme, parfois ils exagèrent ».

Au-delà de la qualité de l’information au Sénégal, sa langue de diffusion pose problème. Le français est la langue officielle au Sénégal et domine « l’administration, l’enseignement, les médias et le monde des affaires » (Tudesq, 2002). Mais elle n’est parlée que par 20 à 30% de la population, principalement installée en milieu urbain. Une surreprésentation de la francophonie au Sénégal est alors constatée dans la mesure où la pratique de la langue française est en net recul dans le pays. Un faible taux de pénétration de la langue dû en partie à la démographie du Sénégal : plus de la moitié de la population est rurale, peu éduquée. Une quarantaine de langues et dialectes sont comptabilisés, dont une langue majeure, le wolof, parlé par environ 80% des Sénégalais[2]. Aujourd’hui, la radio proposant des programmes en langues locales permet un meilleur accès à l’information. Mais l’actualité internationale reste principalement traitée en français par les médias étrangers. Les correspondants de ces mêmes médias sur-place déplorent une « perte catastrophique du français », à cause d’un pouvoir qui « met en avant le wolof »[3], et la situation devrait continuer à évoluer dans ce sens dans les prochaines années.

Le riche paysage radiophonique sénégalais est également un frein à la percée des médias chinois, notamment à cause de la prolifération de radios privées et internationales, qui touchent un public de plus en plus large, notamment grâce à l’utilisation des langues locales qui élargit leur portée. « Les médias étrangers ne sont là que pour faire de la propagande auprès des populations africaines », confie une journaliste de la BBC rencontrée à Dakar, et ils sont déjà nombreux à diffuser leurs visions de l’actualité (Gervereau, 2004) en Afrique. La configuration actuelle semble ainsi défavorable au succès de l’entreprise d’implantation médiatique de la Chine au Sénégal.

Hiérarchisation des espaces : l’implantation inégale des médias chinois au Sénégal

Les médias chinois sont en difficulté dans les régions du pays, leurs fréquences ne recouvrant que les principales villes sénégalaises de la côte ouest, et non toute la région dont elles sont les capitales. Parmi les lieux les plus cités par la radio chinoise, les régions sont peu représentées. « Si la radio chinoise ne joue pas sur le local, ici, elle risque d’être inaudible par les Casamançais, qui ont des préoccupations différentes du reste du pays », explique Ibou Mane, correspondant pour le journal Le Quotidien à Ziguinchor lors d’un entretien dans ses locaux en février 2015. « À Ziguinchor, la radio chinoise n’est pas vraiment écoutée. Les gens ne savent même pas qu’elle existe la plupart du temps. Ici, ils ont peur de l’inconnu, et donc, des Chinois. Ils ont une manière de travailler en toute discrétion qui ne plaît pas beaucoup aux Sénégalais. », ajoute Ibou Mane depuis la Casamance, au sud du pays.

De plus, des radios internationales puissantes que sont la RFI et la BBC ainsi que des centaines de radios privées ou communautaires en langues locales font de l’ombre à la radio chinoise qui a mis cinq années à constituer une rédaction efficace. En n’ayant de réel ancrage territorial qu’à Dakar, et en suivant le sillage de la principale route nationale, la radio chinoise perpétue les inégalités centre/périphérie qui persistent au Sénégal (Piveteau, 2005), et souligne l’important clivage territorial entre l’est et l’ouest de pays.

Les villes choisies par les médias chinois attestent de la marginalisation des territoires enclavés, n’ayant pas d’ouverture sur l’Océan Atlantique.

Percée des médias chinois au Sénégal

S’il existe de nombreux facteurs politiques, économiques, géographiques ou encore sociaux qui ne favorisent pas l’implantation des médias chinois au Sénégal, ceux-ci sont à relativiser à cause des nouvelles dynamiques géopolitiques en vigueur dans la zone occidentale de l’Afrique subsaharienne, et de stratégies médiatiques offensives (Huyghe, 2005).

L’avènement de la stratégie d’influence

En 2005, après plus d’une décennie de relations avec Taïwan, le Sénégal reconnaît l’existence d’une Chine unique dont le pouvoir central est basé à Pékin. Le Président Wade, au pouvoir à l’époque, estime que « l’absence de relations avec Pékin, c’est-à-dire avec 20 à 25% de l’humanité », était son « talon d’Achille ». Le pouvoir sénégalais tente par-là d’adopter une stratégie de diversification de ses partenaires. « Papa Hollande » en Afrique francophone est toujours présent, et ce, « pour le temps qu’il faudra »[4]. Au Sénégal, l’héritage français est encore ancré dans tous les systèmes administratifs nationaux. Un phénomène si important qu’est né le concept de « Françafrique ». Mais une forte volonté de détachement se fait sentir de la part des derniers dirigeants en place, tout comme de la part de la société civile, notamment depuis le retour militaire occidental dans la zone sahélienne. Début mai 2015, un rapport parlementaire sur les relations entre la France et l’Afrique francophone a fait polémique « avant même sa publication ». « Les interventions militaires sont trop fréquentes et surdimensionnées par rapport à une vraie politique africaine de la France », d’après l’enquête (rapport parlementaire déposé par la Commission des Affaires étrangères sur « La stabilité et le développement de l’Afrique francophone », 6 mai 2015). La création d’un nouveau ministère du Développement est alors envisagée pour donner une nouvelle image de la politique française en Afrique, car « les Africains nous regardent très différemment », d’après ce même rapport, à cause notamment de l’arrivée de nouveaux alliés et de nouvelles représentations qui rejettent les partenaires traditionnels et leur politique africaine.

Selon les dirigeants chinois, la « voix unique de l’Occident » porterait une image négative de la Chine, mais aussi, de l’Afrique aux yeux du monde. Le pays asiatique prône alors « le respect des intérêts des pays africains en opposition au modèle néocolonialiste traditionnel », selon le Livre Blanc sur la politique africaine chinoise de 2006. Une rhétorique tiers-mondiste, reprenant les grandes idées du Mouvement des non-alignés, né pendant la Guerre froide (milieu des années 50), dans lequel les leaders africains ont pris un rôle prépondérant (Courmont, 2009).

Comme ils « jouent un rôle primordial dans les orientations politiques des décideurs sur les enjeux de ce partenariat, et aussi, sur les retombées positives de la coopération sino-africaine (…) les médias apparaissent comme un facteur déterminant du fait qu’ils soutiennent le développement dans les milieux les plus reculés du continent et expliquent à l’opinion le bien-fondé des relations entre la Chine et l’Afrique dans le village planétaire devenu un rendez-vous du donner et du recevoir. » (Ministre chinois des Affaires étrangères). L’amitié sino-sénégalaise est ainsi un outil diplomatique pour la radio d’État chinoise souhaitant s’implanter en Afrique, et est dans le même temps nourrie par ces mêmes médias, qui favorisent l’entente, la communication entre les pouvoirs et les peuples.

Coopération médiatique sino-sénégalaise et développement

Après l’implantation de RCI, StarTimes, entreprise télévisuelle chinoise, signe un partenariat avec la RTS (Radiotélévision sénégalaise), première chaîne publique, pour son passage au numérique, avec un investissement de 118 millions de dollars. Une opportunité d’accès à la technologie grâce au transfert de connaissances. Aussi, la radio chinoise a inauguré fin 2015 de nouveaux locaux à Dakar, flambants neufs, équipés en matériels de très haute technologie, composés de studios radio, et TV. Aucun média étranger implanté à Dakar ne dispose d’infrastructures similaires, ni dans la diversité des productions rendue possible, ni dans l’équipement de pointe installé[5]. La Chine excelle dans l’exportation de produits d’équipements régulièrement offerts aux professionnels sénégalais : de nombreux ordinateurs, imprimantes et autres matériels informatiques ont été donnés par le gouvernement chinois à différents médias locaux.

Les responsables de la radio chinoise tentent aussi de se familiariser avec le wolof pour mieux communiquer, et prennent parfois des noms sénégalais. La rédactrice en chef de RCI compte bien faire de son antenne la première et seule radio internationale à utiliser le wolof au Sénégal. « Ils ont une bonne stratégie. En prenant des noms sénégalais, ils s’intègrent mieux et facilitent les relations. En plus, ils sont discrets, et viennent seulement faire des affaires sans faire d’histoires, donc on s’entend bien avec eux », explique l’un des directeurs du groupe EXCAF, principal interlocuteur des médias chinois au Sénégal. Aussi, les chefs d’entreprise chinois « font beaucoup de cadeaux, de dons, aux entreprises sénégalaises », une stratégie qui fonctionne localement, face à des concurrents affaiblis. En effet, RFI a fermé ses studios à Dakar, et fonctionne avec un correspondant basé dans la capitale, dont l’appartement fait office de bureau. Le recul du français et la libéralisation des médias au Sénégal auraient fortement influé sur la baisse catastrophique des audiences de la radio française localement. Pour Carine Frenk, correspondante de la radio française à Dakar jusqu’en 2015 rencontrée en février de la même année, « RFI a une dimension panafricaine qui ne touche pas les Sénégalais, surtout à Dakar. La radio fait désormais ses plus mauvais chiffres au Sénégal relativement aux autres pays de l’Afrique occidentale francophone ». Pour Ibrahima Deng, journaliste pour une radio locale à Kaolack, ce recul de la radio française correspondrait plutôt à une « lassitude des populations d’écouter systématiquement des sujets similaires donnant une mauvaise image de l’Afrique ».

Plus d’un tiers (38,3%) des productions de RCI concernent la culture ou l’éducation, soit un taux dominant, contre 29,8% de sujets politiques, ou encore, 10,6% de sujets autour de l’économie sénégalaise, africaine ou chinoise. La ligne éditoriale de RCI correspond aux préoccupations des Sénégalais ; dans la mesure où un média doit s’adapter à son public, il s’avère pertinent de relever le souci de la culture, omniprésente dans toutes les régions. Alors que les autres radios étrangères diffusant au Sénégal privilégient les crises politiques et sanitaires[6], la RCI tente une approche différente. La correspondante de la radio chinoise traite l’actualité sportive et culturelle nationale, chère aux Sénégalais, en rencontrant sportifs et artistes locaux. Le contenu valorise également la société, avec des reportages sur le quotidien des populations locales (difficultés d’accès à l’eau, à l’électricité), ou mettant en valeur la place importante de la femme au Sénégal. La radio chinoise tente ainsi de s’imposer par une approche socioculturelle.

Ancrage local, visée globale

Pour sa radio, le pouvoir chinois a une approche géographique tactique afin de maximiser la portée de ses programmes. À travers un investissement à hauteur de 4,5 milliards de dollars par la China Eximbank (Banque publique d’exportation et d’importation de Chine), le pouvoir chinois finance de nombreux projets, au Sénégal, concernant principalement la construction d’infrastructures stratégiques et symboliques. Les entreprises chinoises sont déjà à l’origine du Grand théâtre de Dakar, de la rénovation de onze stades régionaux et autres hôpitaux. « Les gens reconnaissent les bonnes choses apportées par les Chinois à la région, notamment en ce qui concerne le grand stade régional, l’hôpital et les soins avec les plantes rares trouvées en Casamance. (…) Ces choses-là touchent beaucoup les populations locales et cela crée une nouvelle proximité entre nos deux cultures, nos deux peuples », d’après un journaliste casamançais[7].

La radio chinoise est ainsi implantée dans des régions où les entreprises et les experts chinois participent au développement local, et profite des retombées positives de leur présence sur la population. La RCI prône ainsi « apporter plus d’humanité » dans le traitement de l’actualité locale, et africaine. L’inscription géographique de la Chine, à travers ses entreprises, ses constructions, rénovations, dons, transferts de compétences, de technologies, favorise ainsi l’implantation des médias chinois au Sénégal.

Lieux.Cités.RCI.Fig.3

Figure 3 : Lieux les plus cités par RCI au Sénégal : cartographie des zones d’implantation chinoise.

La guerre des représentations

Les radios internationales dans leurs contenus participent à la création de représentations autour des territoires ou des évènements relatés (Gervereau, 2004). La Chine s’oppose au traitement médiatique des médias occidentaux à son égard, et répond par la propagation de sa vision de l’actualité internationale à travers RCI.

Rivalités de pouvoir Chine/Occident dans la Société mondiale de l’information

D’un point de vue politique, la coopération médiatique sino-sénégalaise s’inscrit dans une stratégie propre à chacun des deux États. Le Sénégal est décrit par le ministère français de l’Économie comme un pays aux institutions stables, et une « démocratie normale ». Pour Barack Obama, ancien président des États-Unis, « le Sénégal est l’une des démocraties les plus stables en Afrique et l’un de [ses] plus forts partenaires dans la région ». Une posture que Macky Sall souhaite utiliser pour faire émerger l’économie nationale à l’horizon 2035, et permettre au Sénégal d’être le premier pays africain à obtenir un siège permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU.

Pour la Chine, les grandes lignes de la politique du PCC se retournent vers le confucianisme en gouvernant par la vertu ou la bienveillance. Un concept décliné sur le plan extérieur avec l’idée d’un « monde harmonieux », à travers le « développement pacifique » (peaceful rise), principe de base de la diplomatie chinoise (Courmont, 2009). Pour ce faire, le PCC met en avant l’utilisation de moyens d’influence dits « doux » (en opposition avec les moyens militaires), tels que la propagande médiatique et la reprise des représentations comme les discours tiers-mondistes. Dès lors, la RPC tente d’émerger en tant qu’acteur majeur de la société mondiale de l’information.

En 2003, l’ONU inaugure le Sommet mondial sur la Société de l’Information (SMSI), ayant pour objectif de réduire la fracture numérique avant 2015, et de diminuer les inégalités à travers le monde en termes d’accès à l’information. La Chine riposte au SMSI en créant en 2009 le Sommet mondial des médias (SMM), en concurrence directe avec le sommet de l’ONU : il reprend les mêmes codes, et attribue aussi des prix. Le SMM souhaite créer « un nouvel ordre médiatique mondial », pour pouvoir faire face à « la suprématie des Occidentaux ».

Médias chinois au Sénégal : géopolitique de la propagande

L’objectif premier des médias chinois étant de « contrer la voix unique de l’Occident », et de donner une nouvelle représentation de sa puissance en Afrique, les journalistes chinois n’hésitent pas à enfreindre les règles journalistiques. Ils diffusent aussi un contenu identifiable à un « journalisme commercial », dans la mesure où « la promotion des investissements et partenariats sino-sénégalais et sino-africains est omniprésente dans les programmes pour le moment ». Une propagande en Afrique francophone consistant à placer la collaboration avec Pékin comme seule alternative positive pour les pays du continent, qui font face à des Français dont « la mentalité est le pillage, et d’imposer leur idéologie », alors que la « Chine socialiste estime que chaque pays a le droit de choisir son système » (Conseiller à l’ambassade de Chine à Dakar).

Selon un journaliste d’un quotidien privé sénégalais, la multiplication des médias masque une course au pouvoir et à l’influence plus qu’une volonté de développement de la liberté de la presse et de la démocratie. Alors que les médias privés gagnent en notoriété dans le paysage médiatique sénégalais, Macky Sall, pourtant dans une dynamique de bonne gouvernance, entretient des relations dangereuses avec ces grands groupes (Barry, 2013). Dans un contexte d’affaiblissement des médias d’État au profit des groupes privés, le leader ouest-africain a revu ses positions pour négocier des partenariats stratégiques avec ces médias influents.

Le groupe privé Walfadjiri a proposé ses médias comme plateformes de diffusion pour des « publireportages, débats, entretiens, enquêtes et reportages », produits dans le cadre de la communication officielle. En échange, le gouvernement offre un financement additionnel de l’aide à la presse, ou encore, l’octroi de fréquences. Les médias privés au Sénégal tendent alors à devenir des vitrines de la communication du pouvoir en place, au même titre que les médias d’État. Des médias étrangers sont invités, eux aussi, à diffuser des contenus officiels assurant la promotion du gouvernement. Dans ce sens, les radios internationales comme la RCI ou RFI ne servent pas le développement démocratique par les médias, et soutiennent finalement la diplomatie publique à des fins d’influence, autrement dit, la propagande (Chomsky, Herman, 2008). Les formations ainsi que les lignes éditoriales proposées par les médias chinois ne participeront pas à résoudre le problème de la formation des journalistes sénégalais. Le partenariat des médias d’État avec la société privée EXCAF Télécom pour diffuser leur voix officielle a été reproduit par le gouvernement sénégalais, qui adopte une attitude de plus en plus dangereuse pour le fonctionnement démocratique du paysage médiatique sénégalais.

Géographie des médias au Sénégal : des dynamiques géopolitiques globales

D’un point de vue géographique, l’implantation des médias chinois au Sénégal a relancé les stratégies médiatiques locales de nombreux acteurs internationaux : Dakar s’érige en véritable plate-forme médiatique mondiale. « La ville a un côté attractif du fait des nombreuses représentations officielles internationales présentes sur place », ajoute Lalla Sy (BBC), qui explique que l’accès à ces multiples sources est un élément essentiel à la pratique quotidienne de son travail. Mais « l’avantage premier d’être à Dakar, c’est la situation géographique idéale pour rayonner en Afrique occidentale », dans la mesure où les déplacements sous-régionaux sont largement facilités au départ de la capitale sénégalaise (Piveteau, 2005). « À Dakar, il y a de nombreux médias internationaux qui travaillent de là pour toute la sous-région ou même, le continent », explique Mehdi Bâ de Jeune Afrique. En effet, de nombreuses radios internationales y convergent (Africa n°1, VOA, Deutsche Welle, Radio Canada international, RCI, RFI, Radio Vatican). Ces antennes participent à l’intégration du Sénégal à la mondialisation ; cependant, la surreprésentation des acteurs occidentaux (l’Angleterre avec la BCC, les Américains avec VOA, ou encore les Français avec RFI) tend à reproduire le schéma de la domination occidentale dans la Société mondiale de l’information, et plus largement, dans la mondialisation des échanges (Royal, 2012).

Les médias français ont opéré un retour médiatique vers le continent, avec le lancement de TV5 Monde Afrique, Canal + Afrique, France 24, ou encore, Le Point Afrique. Une opération pour réaffirmer la domination française dans une région très convoitée[8], où résideront 85% des francophones d’ici à 2050 (Organisation Internationale de la Francophonie). Le Sénégal, comme le continent africain, devient un territoire déterminant dans la volonté de puissance de la France comme des États-Unis, et est ainsi le théâtre d’un outil de leur influence. Les médias occidentaux opèrent alors un regain d’intérêt médiatique, alors que les sociétés civiles d’Afrique de l’Ouest (Mali, Burkina Faso, Sénégal) s’organisent pour la défense de leurs démocraties et de leurs droits. Les mouvements citoyens ayant investi les rues de Ouagadougou fin 2014, ou Dakar en 2012, afin de réclamer élections démocratiques et bonne gouvernance, témoignent de cette mobilisation. Finalement, la guerre des représentations met aussi en avant une bataille des cultures et des langues, à laquelle les médias contribuent de manière déterminante, car leur implantation à l’étranger est entreprise pour la préservation d’une influence, d’une aire culturelle.

Conclusion

« En vérité, les convictions sont plus dangereuses que les mensonges », selon le philosophe Friedrich Nietzsche, affirmant par-là, que les croyances et certitudes des hommes seraient plus dangereuses pour la vérité que les mensonges eux-mêmes. L’étude du traitement médiatique de l’information par la RCI au Sénégal révèle une manipulation des représentations géopolitiques (Mouvement des non-alignés, solidarité tiers-mondiste), qui a permis à Pékin de rétablir des liens d’amitié, politiques et économiques, avec le Sénégal, comme avec d’autres États de la sous-région. La désinformation ajoutée à une puissance économique et à la maîtrise des technologies de l’information a imposé l’État asiatique comme un partenaire déterminant dans l’émergence du Sénégal. Les productions de la radio chinoise au Sénégal permettent à la Chine d’établir une influence médiatique, culturelle, politique et économique localement.

Aussi, la géographie des réseaux d’information et de communication dans la coopération médiatique sino-sénégalaise met en évidence une concentration spatiale des infrastructures dans les communautés urbaines, accentuant les inégalités territoriales par rapport aux espaces marginalisés. Dès lors, une partie du pays ouest-africain s’intègre de plus en plus à la mondialisation quand l’autre reste marginalisée. Dans ce contexte, la Chine tente de devenir l’acteur majeur d’un monde multipolaire, en affirmant d’abord sa position de puissance dans la Société mondiale de l’information, marquée par un conflit de représentations : celles portées par les radios européennes diffusant des valeurs de démocratie et des droits de l’Homme, en opposition à celles relayées par la radio chinoise, ciblée vers la solidarité des peuples des pays en voie de développement, et la critique de la vision occidentale du monde. La manipulation du message médiatique à des fins de propagande et de désinformation est alors un outil clef du pouvoir de la RPC, dans une Société mondiale de l’information où « la séduction représente la maîtrise de l’univers symbolique, alors que le pouvoir représente la maîtrise de l’univers réel » (Baudrillard, 1988).

Bibliographie

BARRY Moustapha. Histoire des médias au Sénégal : de la colonisation à nos jours, Paris : L’Harmattan, 2013, 356 p.

BAUDRILLARD Jean. De la séduction, Paris : Gallimard, 1988.

BOULANGER Philippe. Géopolitique des médias, acteurs, rivalités et conflits, Paris : Armand Colin, 2014, 310 p.

Chine, nouveaux enjeux géopolitiques. Hérodote, n°125, 2007.

CHOMSKY Noam & HERMAN Edward. La Fabrication du consentement : De la propagande médiatique en démocratie, Paris : Éd. Agone, 2008, 653 p.

CHEN Chwen C., COLAPINTO Cinzia & LUO Qing. « China Radio International in the Digital Age: Propagating China on the Global Scenario ». Global media journal, volume 9, 2010, p. 1-15.

COURMONT Barthélémy. Chine, la grande séduction. Essai sur le soft power chinois, Paris : Choiseul, 2009, 196 p.

GERVERAU Laurent. Inventer l’actualité : la construction de l’imaginaire du monde par les médias internationaux, Paris : La Découverte, 2004.

HUYGHE François-Bernard. Comprendre le pouvoir stratégique des médias, Paris : Éd. Eyrolles, 2005, 240 p.

PIVETEAU Alain. « Décentralisation et développement local au Sénégal, chronique d’un couple hypothétique ». Tiers-Monde, n°181, 2005, p. 71-93.

ROYAL Benoît. La guerre pour l’opinion publique, Paris : Économica, 2012, 105 p.

TZU Sun. L’art de la guerre, Paris : Flammarion, 2008, 175 p.

TUDESQ André-Jean. L’Afrique parle, l’Afrique écoute, Paris : Karthala, 2002, 315 p.

Sources

Productions relayées par la radio d’État chinoise RCI à Dakar :

« Xi Jinping salue l’ouverture de l’année de la Chine en Afrique du Sud », 16 mars 2015

« À Dakar, Wang Yi visite les grands chantiers financés par la Chine », 12 janvier 2014

« APEC : trois points importants pour la prochaine édition à Beijing », 4 novembre 2014

« Bientôt sur le petit écran au Sénégal : Doudou et ses belles-mères, une série chinoise qui parle français », 13 décembre 2013

« Chine : Le porte-avion est légitime pour le développement pacifique du pays », 28 juillet 2013

« Chine-Sénégal : inauguration d’un hôpital pour enfants construit par la Chine à Dakar », 19 janvier 2014

« Coopération militaire Chine-Sénégal : un don de matériels militaires remis à Dakar », 18 février 2015

« Coopération sino-sénégalaise : un don chinois pour soutenir la réinsertion des personnes handicapées », 22 mars 2015

« Dakar fin prête pour accueillir le 15e sommet de la Francophonie », 25 novembre 2014

« De retour de Chine, des comédiens sénégalais décèlent des similitudes entre les cultures chinoise et sénégalaise », 14 décembre 2013

« Des consultations bénévoles sont organisées par des médecins chinois au Sénégal », 2 février 2014

« Diffusion de films et téléfilms chinois en Afrique », 3 septembre 2013

« Environ 1 million de personnes apatrides vivent en Afrique de l’Ouest », 5 novembre 2011

« Fusillade de Bamako : le président sénégalais condamne « fermement » l’attentat », 9 mars 2015

« Inauguration de la première autoroute à péage du Sénégal », 2 août 2013

« L’Agence de presse Xinhua critique la visite de Shinzo Abe au sanctuaire Yasukuni », 2 janvier 2014

« L’ambassade nigériane au Sénégal fait l’objet d’une attaque (MAE) », 8 mars 2013

« L’économie chinoise fait face à la « nouvelle normalité », 12 décembre 2014

« L’institut Confucius et sa nouvelle orientation », 14 mars 2014

« La 15e mission médicale chinoise arrive à Dakar », 5 septembre 2013

« La Chine a accompli son projet d’assistance sur la réfection des stades au Sénégal », 22 février 2015

« La Chine veut booster sa coopération agricole avec le Sénégal », 25 août 2015

« Lancement de la Semaine de la Télévision chinoise au Sénégal », 25 septembre 2013

« Le président américain Barack Obama veut saisir les opportunités africaines », 28 juin 2013

« Le président sénégalais à Ouagadougou pour évaluer la transition au Burkina Faso », 16 janvier 2015

« Le président sénégalais inaugure un hôpital construit par la Chine », 19 janvier 2014

« Le président sénégalais sera le premier chef d’État africain reçu en Chine en 2014 », 10 janvier 2014

« Le rêve chinois mérite d’être partagé avec les peuples étrangers, selon un expert hollandais », 5 janvier 2015

« Le Sénégal célèbre son 53e anniversaire de l’indépendance », 5 avril 2014

« Les 5 principes de coexistence pacifique soufflent leurs 60 bougies », 29 juin 2014

« Les émissions en FM de RCI sont appréciées au Sénégal par les auditeurs locaux », 8 juillet 2011

« Les îles Diaoyu : La Chine préconise une solution pacifique au contentieux territorial », 10 novembre 2012

« Les lauréats de « percevoir la Chine 2013 » sont arrivés ! », 13 décembre 2013

« Les pays de l’OMVS préoccupés par le changement climatique », 12 mars 2015

« Les programmes de RCI en FM sont appréciés au Sénégal », 8 juillet 2011

« Les terroristes jadis « amis » des USA », 17 février 2015

« Li Keqiang rencontre le rédacteur en chef du Financial Times », 31 mars 2015

« Plus un pays africain est stable et bien situé stratégiquement, plus il est dans la ligne de mire de Washington », 26 juin 2013

« Prochaine tenue en mai prochain d’une conférence sur l’assainissement en Afrique à Dakar », 6 mars 2015

« Rencontre avec Keyssi Bousso, administrateur du Grand Théâtre national du Sénégal », 16 mars 2014

« Reportage : médecins chinois au Sénégal : journée de consultation gratuite à Dakar », 6 janvier 2014

« Sangalkam, un succès story dans la coopération agricole sino-sénégalaise », 10 février 2014

« Sénégal : baisse des prix de trois denrées alimentaires », 29 mai 2013

« Sénégal : inauguration à Ziguinchor d’un stade réhabilité par la Chine », 21 février 2015

« Sénégal : l’ambassade de Chine à Dakar offre des équipements à un collège sénégalais », 4 juillet 2013

« Sénégal : l’inauguration de deux stades rénovés à travers la coopération chinoise », 25 juin 2013

« Sénégal : La Chine et le Sénégal signent un accord de coopération économique et technique », 7 juin 2013

« Sénégal : Les toubibs chinois de retour à Ziguinchor », 25 février 2015

« Sénégal : les travaux de réparation de la RN1 à Tattaguine bientôt terminés », 9 septembre 2013

« Sénégal : mise en service de deux forages financés par la Chine à Taïnabé et ses environs », 11 octobre 2012

« Sénégal : un coup de main de la Chine dans la lutte contre le paludisme », 14 septembre 2013

« Sénégal/Chine : signature de deux accords de financement », 24 novembre 2012

« Session extraordinaire de la CEDEAO à Dakar », 26 octobre 2013

« Une entreprise chinoise va construire deux ponts dans la banlieue de Dakar », 10 juillet 2013

« Une entreprise chinoise va construire un barrage sur le fleuve Gambie », 24 mai 2013

« Une liaison maritime directe entre le Sénégal et le Cap-Vert va être étudiée », 8 mars 2014

Notes

 

[1]  Entretien avec Mehdi Ba, correspondant Jeune Afrique, enquête de terrain (S. Mihoubi, Dakar, février 2015).

[2]  Miika HÄMYNEN, Le Français au Sénégal, rapport pour la Francophonie, 31 janvier 2011.

[3]  Entretien avec Carine Frenk, correspondante RFI, enquête de terrain (S. Mihoubi, Dakar, février 2015).

[4] N. BEAU, Papa Hollande au Mali : chronique d’un fiasco annoncé, éd. Balland, Paris, 2013.

[5]  Enquête de terrain, S. Mihoubi, Dakar, février 2015.

[6] Entretien avec Carine Frenk, correspondante RFI, enquête de terrain (S. Mihoubi), Dakar, février 2015.

[7] Entretien à la maison de la Presse de Ziguinchor, enquête de terrain (S. Mihoubi), février 2015.

[8] A. De ROCHEGONDE, « Les médias à la conquête de l’Afrique », Stratégies n°1771, juin 2014.

Pour citer cet article

Référence électronique

Selma MIHOUBI, « L’implantation de la radio chinoise au Sénégal : une stratégie localisée aux enjeux globaux », RadioMorphoses, [En ligne], n°3 – 2018, mis en ligne le « 20/05/2018 », URL : http://www.radiomorphoses.fr/index.php/2018/05/20/radio-chinoise-senegal/

Auteure

Selma MIHOUBI est Doctorante à l’Institut Français de Géopolitique (Université Paris VIII).

Courriel : selma.mihoubi@gmail.com

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