La participation au sein d’une radio communautaire dakaroise : le cas de Manoore

Aude JIMENEZ

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Résumé

À l’heure du WEB 2.0 et des nouveaux médias participatifs, la participation est considérée depuis des décennies comme garante de la survie des radios communautaires. Une étude de cas au sein d’une station à Dakar, Manoore FM, nous plonge au cœur des trois formes de participation de ses membres et de ses auditeurs, à savoir ses aspects organisationnels, éditoriaux et hors ondes. Cette recherche montre que la radio communautaire dakaroise est loin de représenter un idéal d’organisation participative au sens des études politiques ou développementales. Néanmoins, son ancrage historique, ses producers, ses fonctions de radio-école et de radio-refuge lui permettent néanmoins, tant bien que mal, de survivre.

 Mots clés : Radio communautaire, Dakar, participation, acteurs, stratégies

Abstract

In the era of Web 2.0 and social media, participation has been considered for decades as the guarantor of community radio. A case study of Manoore FM in Dakar goes to the heart of three forms of participation among its members and listeners, including the organisational, editorial and off-air aspects. This research shows that Manoore FM is far from representing an ideal organisation as defined by political and developmental studies. Nevertheless, its anchoring history, producers, school-radio, and refugee-radio functions somehow allow it to survive.

 Keywords: Community radio, Dakar, participation, actors, strategies

Resumen

A la hora de la web 2.0 y de los nuevos medias participativos, la participacion està considerada hace decadas como garante de la superviviencia de las radios comunitarias. Un estudio de caso en Manoore FM, Dakar nos permite descubrir las tres formas de esta participacion, denominadas organisacional, editoral y « fuera de onda ». Esta investigacion muestra que la radio communitaria de Dakar no representa un ideal de organisacion participativa de manera politica o de desarrollo. Sin embargo, su anclaje historico, sus produsers y funciones de radio-escuela t radio- refugio le permite, de alguna manera, de sobrevivir.

Palabras claves: Radio communitaria, Dakar, participacion, protagonistas, estrategias.

La participation est aujourd’hui un concept très à la mode au sein des études médiatiques, notamment depuis l’avènement du WEB 2.0, des « médias participatifs » et des nouvelles formes d’interactivité et de production médiatique des publics (Bird, 2011 ; Grinnel, 2009 ; Jenkins, 2006 et 2013). Pourtant, la participation médiatique n’est pas née au XXIe siècle et les médias communautaires, dont la radio (RC), sont considérés comme les « vieux médias participatifs » par excellence (Carpentier et Scifo, 2010). En Afrique, la participation des membres de la RC est en sus considérée comme un facteur premier de sa survie, au même titre que ses ressources matérielles et financières, comme le fondement de sa « social sustainability » (Da Costa, 2012 : 140). Nous proposons dans ce texte d’analyser les formes de participation propres à une radio communautaire d’un pays d’Afrique de l’Ouest francophone, le Sénégal. Notre terrain, basé sur des entrevues et de la « participation observante » au sein de la radio communautaire dakaroise Manoore FM (Jimenez, 2017) nous a permis d’apporter certaines réponses aux questionnements suivants : comment les artisans d’une radio communautaire sénégalaise participent-ils à leur station, autant du côté de ceux qui la font que de ceux qui l’écoutent ? De même, la RC comme ses consœurs privées et publiques connaît des changements à l’ère du numérique, au niveau de sa production et de son écoute (Damome, 2014 ; Willems, 2013). Quelles formes de participation naissent de ces pratiques radiophoniques nouvelles ? Dans une première partie, nous préciserons ce que nous entendons par participation des auditeurs et des producteurs d’une radio communautaire. Ensuite nous démontrerons l’importance de spécifier les formes organisationnelle, éditoriale et hors ondes de ce concept abordées dans notre recherche pour analyser les premiers résultats issus d’un terrain qualitatif mené à Dakar au sein de radio Manoore FM. Cela nous permettra de dresser un portrait préliminaire des formes de participation à l’œuvre au sein d’une RC dakaroise.

Une radio « participative » ? Tentative de définition d’une notion polysémique

La participation est au cœur de la définition de la radio communautaire, notamment au sein de celle de l’AMARC tenant lieu de référence dans un grand nombre d’études[1]. Les définitions de ce concept au niveau des études en communication sont nombreuses ; passons en revue certaines d’entre elles.

De manière très large, si nous revenons aux racines sémantiques du concept de participation, la spécialiste en communication politique Annick Monseigne rappelle que le terme est issu du latin participare, qui signifie « partage », « action de prendre part » (2009 : 33). À la suite des philosophes platoniciens, l’auteur définit le concept comme une « coopération dynamique », une « participation active, réelle et affective » au sein d’une organisation (2009 : 35). Cette définition philosophique exploratoire, partielle, a un double avantage : d’abord, elle permet d’avoir une approche évolutive et « non figée » des communautés participantes (cf. les qualificatifs actif et dynamique). Ensuite, elle contient une part affective de la participation qui nous semble incontournable ; la « passion radio » décrite par plusieurs auteurs concernant la RC d’Afrique de l’Ouest refait surface ici[2].

Dans les études médiatiques, cette notion est actuellement très en vogue. Il serait impossible ici de faire un compte-rendu exhaustif de toutes les recherches sur le sujet, mais en résumant, rappelons que certains auteurs mettent en avant les apports créatifs des pratiques non professionnelles diffusées at large sur le WEB (Grinnel, 2009 ; Jenkins, 2013) alors que d’autres spécialistes soulignent au contraire les limites de cette participation « nouvelle et unique » (Bird, 2011 ; Carpentier, 2009 ; Carpentier et Scifo, 2010) – nous en reparlons plus loin. Nous retenons de ces études sur les médias participatifs le concept de producer de Bruns (2006), car chez l’auteur, la participation médiatique contient à la fois les producteurs et les auditeurs des médias (Bruns, 2006 : 2). Le producer produit (prod) et consomme (use) le contenu médiatique auquel il a accès (Bruns, 2006 : 2). Cela rejoint alors la mission première de la RC, rappelons- le, de représenter une radio « par et pour » sa communauté et faisant participer les auditeurs à son fonctionnement à différents niveaux.

Plus proche géographiquement de notre analyse située au Sénégal, au sein des études sur les médias d’Afrique de l’Ouest francophone, la notion de « communication participative » (Bessette, 2004) est au cœur de tout un courant d’études en communication pour le développement[3]. Rappelons que cela nous concerne particulièrement dans la mesure où les études en développement participatif considèrent que la radio communautaire fait partie des médias « légers », « facilement accessibles », permettant une « communication réciproque » ; un idéal type, en quelque sorte, de ce type de communication « réciproque » (ONU, 1997). Selon Bessette par exemple, pour qui la radio rurale est « l’outil de communication de prédilection » (2004 : 116) la participation se définit comme le moment où « […] les membres prennent non seulement part aux activités, mais sont engagés directement dans le processus décisionnel et dans la planification de l’initiative de développement » (Bessette, 2004 : 19). Dans cette optique, la communication est perçue comme « un moyen d’établir un dialogue avec une communauté […] d’amener les gens à s’exprimer, à écouter les points de vue des uns et des autres […] » (Bessette, 2004 : 21). Pour reprendre les termes de l’auteur, le concept peut donc être appréhendé en gardant en tête les notions de participation « aux activités » de la radio et au « processus décisionnel » – c’est ce que nous développons plus loin concernant la participation organisationnelle. Concernant la communication participative, il est intéressant de l’aborder non pas comme un « dialogue avec une communauté » univoque partant d’un organisme de développement, mais plutôt comme un processus réciproque – (cf. « écouter les points de vue des uns et des autres »). En ce sens, on peut dire que la RC permet la communication participative non pas entre un chercheur, un « agent de développement » et une communauté (2004 : 20), mais plutôt au sein de celle-ci, entre tous les acteurs – auditeurs et producteurs – qui la composent.

Ainsi, la participation à une radio communautaire peut être définie de manière préalable comme un partage d’activités et de processus décisionnels actif, affectif, concernant à la fois les producteurs et les auditeurs de la RC.

Premiers résultats d’une étude de cas menée au sein d’une RC sénégalaise : Manoore FM, la voix des femmes

Notre cadre théorique doctoral nous a permis de dégager trois formes de participation pouvant être analysées dans l’étude des radios communautaires d’Afrique de l’Ouest : les participations organisationnelles, éditoriales et hors ondes. Voyons à présent ce qu’il en est sur le terrain, au sein d’une radio communautaire dakaroise, Manoore FM, à l’ère du numérique.

Présentation générale de Manoore FM

Manoore FM est née au début des années 2000, comme la plupart des radios communautaires d’Afrique de l’Ouest francophone (Myers, 2011). C’est une radio de femmes, mise en place pour une association d’intellectuelles, de sociologues, et de femmes issues du domaine des communications en général ayant créé en 1997 l’association ALTERCOM – pour une communication alternative – donnant la parole aux femmes. « Manoore FM la voix des femmes » devait être le « porte-voix » de l’association[4]. La station a connu différentes phases depuis sa création : premier bris d’antenne en 2011 (arrêt de 7 mois), incendie ravageant ses locaux la même année (arrêt de deux ans), déménagement, pannes fréquentes depuis 2013. Depuis lors, la radio fonctionne en fait en « pointillé », cumulant les périodes sans émettre faute d’un matériel de qualité ou de problèmes administratifs. C’est ainsi que, durant notre présence sur le terrain, de janvier à avril 2015, le matériel indispensable à la reprise de la diffusion de la station était arrivé à Dakar… mais restait bloqué au service des douanes (Jimenez, 2017). Et pourtant, nous allons voir que contre toute attente – une radio muette, sacré paradoxe ! –  tant bien que mal, certains de ses participants, y compris certains de ses auditeurs, sont restés fidèles « au poste ». Voyons comment se sont alors manifestées les trois formes de participation évoquées plus haut au sein de la radio Manoore FM durant cette période.

Participation organisationnelle : un besoin d’écoute et de transparence

Ce que nous avons observé concernant les instances de Manoore FM est loin de l’idéal d’organisation participative présenté par Carpentier et Scifo (2011) ou présent chez Bessette (2004) concernant les médias communautaires. Concernant le conseil d’administration (CA) d’abord, celui de l’association Altercom est également celui de la station, considérée comme l’« organe de communication » de l’association. Cette dernière dispose en outre d’un comité de gestion, qui est en fait une cellule occupée par quelques membres du CA ayant davantage de temps à allouer à Manoore FM. Fait majeur, dans les deux cas, aucune élection n’a été organisée ; le conseil est le même, quasiment, depuis la création de la radio et ses sièges sont occupés par des membres fondateurs pour la plupart (dont Mme Sow, fondatrice attitrée de la radio et Mme Diagne, première rédactrice en chef en 2002 ou encore Mme Savané, animatrice des débuts). Au cours de l’été 2015, la présidente du CA est devenue la secrétaire générale et vice-versa, car d’après la coordonnatrice actuelle de la station « c’était plus simple pour les demandes de signature, Mme Sow est tout le temps en voyage »[5]. Dans le même ordre d’idée, d’après Boubacar, membre du comité de gestion, le choix de la coordonnatrice de la station est fait « traditionnellement » par la directrice et fondatrice de Manoore FM. Ce comité, composé durant notre terrain, de la coordonnatrice, du trésorier d’Altercom Boubacar Sow et d’un des anciens membres de la station Mawdo Oly, est l’instance omnipotente. C’est le cas, par exemple, concernant les embauches de nouveaux membres : Mme Sarr a reçu plusieurs candidats durant notre séjour, et elle a confirmé devoir faire valider ses choix par Mawdo et Boubacar. C’est également vrai concernant les solutions à apporter aux pannes qui surviennent, telles que celle à laquelle j’ai assisté. À aucun moment, les membres n’ont été consultés durant la période. Pour les décisions cruciales, telles que les aspects financiers et la répartition des maigres revenus disponibles, le comité fait appel cette fois à l’aval de la fondatrice de la station, qui semble très influente, Mme Sow. Il est intéressant de constater enfin que tous les animateurs interrogés sans exception ont déclaré n’avoir jamais voté dans une des « réunions », selon leurs termes, de la station ; les assemblées générales sont donc inexistantes.

On peut alors légitimement se demander : comment cette situation est-elle vécue par les animateurs ? D’après eux, ces rencontres sont plutôt des discussions informatives portant sur toutes sortes de thèmes, y compris sans lien direct avec la radio, comme nous l’explique Aicha : « J’y suis allée maintes fois. On voit ce qu’on peut faire pour que la radio s’améliore », ou encore Moustapha : « Les réunions sont une occasion de parler des problèmes de la radio, des histoires de chacun… il y a des pères de famille, des personnes sans salaires… on parle surtout des gens de la radio […] ». Ainsi, les réunions sont avant tout des lieux d’information et de partage. Le besoin en est un de transparence –  dans le sens où les animateurs ont le sentiment de recevoir les réponses aux questions qu’ils posent sans cachotteries, notamment concernant les pannes – et d’écoute des besoins individuels des uns et des autres. Ceci rejoint notre relecture du concept de communication participative de Bessette (2004) en ce sens qu’elle est réciproque. L’important semble davantage être tenu au courant que de participer réellement au processus décisionnel et l’on peut identifier un « CA des Intouchables », installé à Manoore depuis ses plus jeunes années, prenant les décisions organisationnelles de la radio et détenant les cordons de la bourse. Mais pour les membres interrogés, cette organisation ne pose pas réellement de problème ; le plus important semble de savoir ce qui se passe et de pouvoir déposer ses doléances, au sein d’un environnement permettant la réciprocité de l’écoute. Passons maintenant au second aspect de la participation qui nous intéresse dans cette étude, à savoir sa forme éditoriale.

Participation éditoriale : membres, sympathisants, auditeurs

La participation éditoriale est majeure, et nous devons la décliner en différents niveaux. Nous allons voir ici que si radio Manoore FM était « muette » pendant notre présence sur le terrain, ses acteurs, eux, souhaitaient faire entendre leurs voix.

Retour aux sources et sentiment d’appartenance

Le premier point qui nous intéresse concernant la participation éditoriale est l’idée d’une « couleur sonore » propre à chaque radio communautaire, issue de sa programmation. Comme l’explique M. Dieng (2016), président de l’URAC : « Manoore FM est une radio très sérieuse, qui a beaucoup contribué pour la lutte pour la femme au Sénégal […] elle a été un joyau au Sénégal ». Pour comprendre la participation éditoriale des producteurs et des auditeurs de Manoore FM il faut donc revenir à ses débuts, à ses premières années.

En tant que première radio de femmes du Sénégal, Manoore a d’abord bénéficié d’un contexte politique largement favorable. Le président nouvellement élu, Abdoulaye Wade, met en place dès 2001 une nouvelle constitution contenant plusieurs articles dans le sens d’une plus grande égalité des genres. Neuf mois après l’ouverture de la station, l’épouse du président, Mme Wade, participe en personne à « l’inauguration officielle » de Manoore FM lors de la journée internationale de la femme (8 mars 2003). Et même si la radio est taxée de « féministe » par certains, ce qui rend parfois l’embauche de femmes journalistes difficile (Diagne, 2005), grâce au contexte susmentionné, à l’implication financière de différentes ONG – OXFAM en tête- et à diverses campagnes de terrain[6], elle réussit rapidement à grossir les rangs autant de ses producteurs que de ses auditeurs (Sow, 2014). Cette « période faste » durant laquelle la station disposait entre autres d’une vraie salle des nouvelles, d’une journaliste responsable rémunérée et de reporters régulièrement « dédommagés » lors de leurs sorties (Diagne, 2005) durera jusqu’à l’incendie de 2011 (cf. supra). Presque cinq ans plus tard, alors que la radio est effectivement dans une situation difficile – au moment de notre enquête rappelons que son antenne est en panne et qu’elle n’émet pas – c’est encore un réel sentiment de fierté qui se dégage des propos des membres interrogés concernant la station, autant de ceux qui étaient là à ses débuts que de ceux qui sont arrivés plus tardivement : Mohammed, un des pionniers, arrivé en 2003 explique par exemple que « Manoore est une radio exemplaire. C’est une famille, on travaille dans l’éthique, la déontologie et le respect. Si toutes les radios étaient comme ça ! […] » Le discours est le même chez Moustapha, engagé en 2012 : « Manoore est une radio pionnière pour les femmes. C’est une fierté pour moi d’être ici. C’est une cause noble […] ».

Chez les auditeurs, la singularité de Manoore se situe dans le fait qu’elle traite de leur condition, que la thématique des femmes soit centrale ou non dans l’émission. C’est le cas des auditeurs de Meriem, animatrice depuis 2014 de l’émission Ci la gnu bok- « on fait partie de », en wolof pour les personnes handicapées, elle-même étant légèrement handicapée moteur : selon Alpha D., « Ici [au Sénégal], la population handicapée c’est 15%. Alors quand une dame anime une émission, on l’écoute et on la soutient! » et chez M. Couly : « […] son émission était vraiment très bien. C’est une émission fondamentale pour nous. […] c’est un plateau où nous faisons des plaidoyers… ». Quand on demande à ces auditeurs – ils étaient sept quand nous leur avons posé la question à l’Association des handicapés moteurs de Grand Dakar – ils répondent unanimement que c’est la seule émission qui parle d’eux. Un fort sentiment d’appartenance se dégage donc des propos des auditeurs qui parlent de « leur » radio, et surtout de « leur » émission (voir plus loin).

Cahier des charges et rhétorique administrative : une maîtrise des textes

Le second aspect de la participation éditoriale que nous prenons en compte est la compatibilité possible entre les textes de loi actuels concernant le contenu permis ou non des radios communautaires et ce qui a réellement cours sur le terrain. Ici se pose la question de la capacité des acteurs de la radio à maîtriser la rhétorique du cahier des charges applicables aux radios communautaires, qui contient les articles à respecter en termes de contenu de la programmation – dont le fameux article 18 concernant la question politique sur lequel nous reviendrons.

Manoore FM, rappelons-le, est une radio mise en place par des intellectuelles. Actuellement, le comité de gestion – qui tient lieu d’instance de la station (voir ci-dessus) – est composé de Boubacar Sarr, comptable, Mawdo Oly, professeur à l’école normale supérieure et Mme Sarr, ex-intervenante du milieu de la coopération et diplômée universitaire (maîtrise). Quant à la fondatrice de la station qui, nous l’avons vu, régit Manoore FM pour les questions importantes, elle est docteure, diplômée de l’école de journalisme et de communication, de l’université de l’Oregon. La question de la maîtrise des termes ou recommandations contenus dans le cahier des charges ne pose donc a priori aucun problème pour les personnes qui ont à s’y référer à Manoore FM. Cela nous a été confirmé à plusieurs reprises. Concernant les sources de revenus de la station, Mme Sarr s’est plusieurs fois référée aux articles 19, 20 et 21 concernant « les obligations relatives au parrainage » des RC. Ces dernières stipulent, en résumé, que si les RC n’ont pas le droit de faire de la publicité, elles peuvent en outre « recourir au parrainage ». Ainsi, Mme Sarr m’expliquait que « le mieux, c’est de trouver des partenaires directs loi 19 ». Comme exemple, la coordonnatrice a fait mention du « marché HLM, avec qui on a eu une émission sur les difficultés des commerçants ; les mairies autour, la Croix rouge […] c’est du donnant donnant ». Concernant le rôle politique de la radio, selon l’article 18 du cahier des charges des radios communautaires du Sénégal, « la radio communautaire ne peut diffuser des informations, messages ou débats à caractère politique ». Une entrevue avec le directeur de la communication du ministère de la Communication du Sénégal nous permet de nuancer un peu le propos : dans les faits, ce qui est passible de griefs est le fait de « faire preuve de partisanerie ». Par exemple, lors de notre présence sur le terrain, un referendum était organisé par le gouvernement[7] et l’État a financé les radios communautaires pour diffuser des spots encourageant les gens à aller voter. Cependant, le problème de l’impartialité se pose. Dans un contexte financier difficile, il n’est pas rare que des radios communautaires se laissent tenter par quelques enveloppes brunes. C’est ce que nous confirme Matar Sall (2016), du CNRA[8] : « nous recevons chaque fois des plaintes. Même pour ce referendum ! Il arrive qu’on suspende un programme, on peut aller jusqu’au retrait pur et simple de la fréquence ».

Qu’en est-il à Manoore FM ?  Après l’entrevue au CNRA, j’ai posé la question à la coordonnatrice de la station et à un des animateurs de passage. Selon eux, le fait de ne pas pouvoir parler de politique est une chance, car cela leur évite justement d’être sollicités par les partis politiques. Effectivement, la grille de programmation de la station ne contient aucune émission à caractère politique. Un représentant d’un organisme d’autorégulation médiatique indépendant, le Comité d’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie (CORED), nous a expliqué lors d’une assemblée générale du Réseau international des femmes de l’AMARC que le problème se situe majoritairement dans les régions, où les radios communautaires sont dirigées par des personnes « moins éduquées qu’à Dakar ». Une position que réfute Mme Sarr. Selon elle, « c’est un manque de vision et de leadership. Maintenant, avec internet, celui qui cherche l’information la trouve ». Dans la mesure où la radio n’émettait pas lors de la période référendaire, il nous est difficile d’affirmer que Manoore FM joue le jeu de la charte des radios communautaires à ce niveau. Mais durant ses 14 années de présence dans le paysage médiatique sénégalais, la radio n’a été l’objet d’aucune plainte à ce sujet.

Auditeurs, sympathisants, producers : « bien sûr j’appelle! Demande- lui ![9] »

Une des découvertes les plus stupéfiantes c’est la place fondamentale, centrale des auditeurs dans la vie quotidienne d’une RC, ici au Sénégal. La spécification terminologique qui suit illustrera notre propos.

Dans notre partie théorique, nous avons distingué les producteurs des auditeurs, et proposé la notion de producer de Bruns (2007) pour parler de cet « entre-deux » qui nous paraît intéressant pour parler des acteurs de la RC. Pour reprendre l’auteur, « In such models, the production of ideas takes place in a collaborative, participatory environment which breaks down the boundaries between producers and consumers and instead enables all participants to be users as well as producers of information and knowledge, or what I have come to call producers ». En fait, la coordinatrice de la radio et plusieurs animateurs interrogés emploient plutôt les termes de « membres », de « sympathisants » et d’« auditeurs » pour décrire les acteurs de Manoore FM . Quand je demande à Mme Sarr quelle distinction fait l’équipe entre ces termes, elle m’explique que les membres sont « les gens qui travaillent à la radio » – c’est la simple reprise d’un terme associatif commun. Mais le plus intéressant est la nuance qui est faite entre sympathisants et auditeurs. Les sympathisants, ce sont en quelque sorte des auditeurs « VIP » : « Ils aiment la radio, ils viennent, ils participent aux ateliers, ils sont très liés à la radio, très impliqués dans les activités de la radio. S’il y a des décès, ils sont là. J’aimerais en intégrer certains dans l’équipe » a mentionné la coordonnatrice de la station. Nous avons pu, grâce à la technique de collecte de données en « boule de neige »[10] parler à certains d’entre- eux : Ndeye Dakar, auditrice de l’émission de Aicha et feu Alioune Mbekté – joie en wolof- est fondatrice de « la famille Mbekté ». À la manière d’un fan’s club, une dizaine d’auditeurs – pas toujours les mêmes, la « famille » compte 30 membres environ –  se retrouvent ainsi régulièrement pour parler de l’émission, se rencontrer autour d’un plat et manger ensemble. Ndeye Dakar explique qu’elle écoutait, et appelait pour conseiller les animateurs. « Ce sont des enfants, ils disent parfois des bêtises ! » Ndeye Dakar a par ailleurs déjà été invitée à la station dans le cadre d’une émission sur les femmes. « C’était un 8 mars, j’ai parlé de ma vie, etc. ». La même chose se retrouve chez les auditeurs d’Amadou Ba, animateur d’une émission sénégalo-guinéenne très impliqué dans le milieu associatif des populations guinéennes de Dakar. Ces derniers ont eux aussi leur fan’s club : ils sont environ 200 membres (auditeurs de l’émission et association sénégalo-guinéenne confondues). Aicha raconte : « L’émission traite de choses intéressantes, la famille, le mariage […] je suis venue ici [à la station] remercier Amadou. Et maintenant chaque émission, je viens, ou j’appelle! » Ainsi, avec cette notion de sympathisants, il semble que nous ayons le concept empirique (Muchielli, 1996) associé à celui théorique de produser. Les sympathisants participent pleinement à la vie de la radio, ils appellent, viennent parler en ondes en tant qu’invités, connaissent les animateurs. Mme Sarr a par ailleurs proposé à l’une des sympathisantes de l’émission Mbekté, lors d’une de nos séances d’observation, de devenir animatrice à son tour après quelques séances de formation. Finalement, d’après la coordonnatrice Mme Sarr, les « simples » auditeurs ne désignent pas non plus des personnes qui écouteraient passivement Manoore FM. « Ils appellent ! Ce [les auditeurs] sont des gens qui écoutent, qui appellent, qui aiment notre travail qui sont fiers que l’on soit là pour les aider ». La nuance est donc plus grande que le seul fait de participer ou non au contenu mis en ondes, en l’occurrence par des appels ; cela semble aller de soi. Les auditeurs qui ne participent pas du tout ne sont en fait tout simplement pas pris en compte, ni par Mme Sarr, ni par le reste de l’équipe. Enfin, la notion de producer concerne aussi les membres de Manoore. Elle va dans les deux sens, en quelque sorte : les animateurs sont également des sympathisants de Manoore FM, ils écoutent la station et certains appellent même les émissions de leurs collègues. C’est ce que nous ont confié Mohammed, animateur et imam, qui reprend ses collègues quand ils se trompent en matière de religion, ou encore Fatou, qui « s’est acheté une radio uniquement pour écouter Manoore ! ».

Les auditeurs et sympathisants apparaissent donc au centre de la participation éditoriale de Manoore FM, et ils ont été cités comme la première raison pour laquelle il est important que la radio survive pour les membres interviewés. Comme le résume Mama : « la panne, c’est très dur. Le plus dur, c’est les auditeurs qui appellent, qui me racontent leurs histoires. Je leur dis qu’on va reprendre bientôt inch’Allah ».

Contenu et nouveaux médias?

C’est à ce niveau éditorial que se pose la question des apports des NTIC pour Manoore FM. Les profils « Face » (cf. Facebook) accentuent encore le réseau des personnes que les animateurs souhaitent interpeller. En passant par une page créée spécifiquement pour l’émission ou même directement par leurs profils personnels, ces derniers annoncent la prochaine émission à venir, le thème qui sera discuté et les auditeurs ont le loisir de « liker » et d’appeler. Cela fonctionne bien entendu pour les émissions animées par les plus jeunes des membres, comme c’est le cas de Moustapha et son émission « Actualité et jeunesse » ; après avoir annoncé sur la page de l’émission qu’il sera question le soir même du port du foulard chez les filles par exemple, il invite ses « likers » à en débattre. Plus rarement, c’est aussi le cas par le biais d’une boîte e-mail de certains animateurs plus âgés. Ainsi, Mohammed, animateur d’une émission religieuse musulmane sur les femmes, reçoit régulièrement des demandes de sujets à traiter de la part de ses auditeurs. Cependant, il existe encore une vraie différence générationnelle à ce niveau ; et comme nous l’explique l’animatrice Fatou, « les « tatas » qui écoutent son émission poular sur la condition des ménagères casamançaises « ne connaissent pas ces choses-là ». Autrement dit, si les auditeurs-trices n’en voient pas l’utilité, l’animateur non plus ; encore une fois, l’auditeur est au centre de l’attention.

Manoore FM, une radio- école

Finalement, nous devons aborder la question de l’« amateurisme » possible de ce type de radio « école », qui est centrale dans la littérature sur ce type de radio. Elle l’est aussi pour les acteurs de Manoore ; l’apport des formations offertes par la station est revenu régulièrement dans les propos des animateurs. Selon Mohammed par exemple, Manoore est la radio « dans laquelle ils ont tout appris », d’après Aicha c’est celle « […] où je suis devenue journaliste ». La radio souffre en outre d’un manque cruel de personnel technique compétent depuis le départ de son technicien Alioune, ce qui retarde sa production. Du côté des auditeurs, on peut reparler de la notion d’autorégulation abordée plus haut : si quelque chose ne fait pas leur affaire dans le contenu de leur émission, ils appellent, ce qui semble les satisfaire. Et les difficultés techniques, ici, occupent une place mineure, voire inexistante, dans les témoignages recueillis. Pour nos producers, c’est donc davantage un atout qu’un problème.

La participation « hors ondes » : un allant de soi, une radio-refuge

Nous passerons plus rapidement sur cet aspect de la participation dont nous avons parlé en filigrane dans l’ensemble du texte : les membres et sympathisants de Manoore FM participent largement à la vie de la radio à l’extérieur de ses ondes, et notre étude rejoint ici les conclusions de Damome (2010) et Sonko (2014). Aux réunions mensuelles de la « famille Mbekté », auxquelles participent les animateurs et les sympathisants, s’ajoute la visite à la famille de feu Alioune pour ses obsèques – à Saint-Louis, plus de quatre heures de route – ainsi que l’organisation d’une cérémonie dans les locaux de la station ; des visites régulières au centre pour handicapés de grand Dakar par l’animatrice Mama – « oubliez pas mon émission ! » -, etc. Les échanges entre animateurs et auditeurs se font largement en dehors des ondes.

De même, malgré la panne, certains animateurs occupent les locaux de la station presque chaque jour. Michel, par exemple, qui a quitté l’animation au sein de la radio depuis presque six ans vient ici pour « travailler au calme », car son logement est trop bruyant. Moustapha, jeune animateur du quartier limitrophe de grand Dakar vient profiter de la connexion internet et télécharger des films, discuter avec Mme Sarr, « dire bonjour ». Nos observations nous permettent ainsi de qualifier Manoore FM de « radio refuge », un lieu de rencontre dans lequel les membres se retrouvent, reçoivent leurs auditeurs, partagent un repas et discutent de tout et de rien. Quant aux auditeurs, ils appellent directement pour savoir où en sont les choses, ils interpellent les animateurs dans les rues, ils viennent rendre visite ; eux aussi se sont appropriés « leur animateur ». En résumant, si la radio communautaire CIBL- Radio Montréal s’est voulue dès ses débuts le « perron d’église électronique » du quartier Hochelaga (Sondervorst et Blondin, 2011 : 44), on peut dire sans trop se tromper que Manoore FM représente « le perron de mosquée électronique » de Bopp et des quartiers environnants.

Conclusion : enjeux participatifs et enjeux de survie

Les organismes de développement et ses penseurs tel que Bessette mettent de l’avant dans leurs objectifs deux aspects de la communication participative : la réciprocité des échanges et la participation organisationnelle. Ici, la pérennité sociale de Manoore FM ne repose absolument pas sur la participation de ses membres aux instances ; un vrai décalage existe donc entre la théorie et le terrain. De même, les fonds alloués aux radios communautaires le sont aujourd’hui principalement en termes de « réduction de la fracture numérique » et durant notre séjour, la stagiaire américaine M. C travaillait à la création de podcasts et à la remise en ligne du site de Manoore FM, inactif depuis 2013. Selon les mots de la coordonnatrice, il est important de s’occuper de cela, car la présence en ligne de la station doit permettre d’« ouvrir Manoore » à de nouveaux publics, mais surtout d’accroître la visibilité de la station auprès de possibles bailleurs de fonds. Un système qui s’autoalimente (Jimenez, 2017b) semble ainsi se profiler. En décalage avec les besoins du terrain ? Au XXIe siècle, la radio communautaire Manoore FM survit. Sans site internet. Sans podcasts. Et même sans antenne. Après 15 ans de présence en ondes et hors ondes, la mission de radio « par et pour » la communauté de Manoore FM semble bien établie. Les multiples arrêts de la radio n’ont pas découragé un nombre suffisant de membres et de sympathisants pour que Manoore survive, tant bien que mal.

Bibliographie

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Entretiens réalisés auprès de :

DIENG Talla, Président de l’URAC- Union des radios associatives et communautaires du Sénégal (Entrevue du 6 avril 2016).

DRAME, Alioune, Directeur de la communication du ministère de la Communication du Sénégal (Entrevue du 7 avril 2016).

SALL, Matar, membre du conseil du CNRA – Centre National de régulation de l’audiovisuel du Sénégal (entrevue du 14 mars 2016).

Notes

[1] AMARC : Association mondiale des radios communautaires. Les radios communautaires elles-mêmes y définissent la RC depuis ses débuts comme une radio « (…) contrôlée par la communauté qui en est propriétaire ; caractérisée par la participation de la communauté. (…) ». (AMARC Afrique et Panos Afrique Australe : 1998). Cette définition d’une radio « à l’envers » (Damome, 2012) se retrouve chez la plupart des spécialistes du domaine (Al Hassan et al. 2011 ; Dorelli, 2010; Sow, 214- entre autres).

[2] Voir : Girard et Berqué, 1993 ; Gunner et al. 2011; entre autres.

[3] Voir Jimenez (2016). Dans cet article il est démontré combien la RC d’Afrique de l’Ouest francophone est d’abord et avant tout étudiée comme un outil de communication pour le développement dans la littérature sur ce type de radio dans la sous-région.

[4] Fatoumata Sow (2014) retrace en détail les débuts de la radio, en tant que spécialiste en communication et l’une des fondatrices de la station Manoore FM. Elle est encore aujourd’hui la secrétaire générale du CA d’Altercom.

[5] Nous nous appuyons tout au long de ce texte sur les discours et pratiques recueillis auprès du personnel et des auditeurs de la radio lors d’entrevues et d’observations réalisées en février et mars 2016.

[6] Par exemple, Manoore FM a mené dès sa première année d’existence une campagne dans les langues locales de la capitale contre l’excision en invitant directement des exciseuses en ondes, ce qui lui a assuré un ancrage fort à son milieu d’implantation (Diagne, 2005).

[7] Ce referendum concernait une mise à jour de la Constitution sénégalaise en 15 points.

[8] Conseil National de la Radiotélévision et de l’Audiovisuel. Chargé entre autres d’effectuer une veille médiatique lors des périodes d’élections.

[9] Mamadou, auditeur de l’émission de Mama Ci la gno book (21-03-16).

[10] Technique de recueil de données au sein de laquelle le contact se fait avec une personne, qui nous met en relation avec d’autres, ainsi de suite.

Pour citer cet article

Référence électronique

Aude JIMENEZ. « La participation au sein d’une radio communautaire dakaroise : le cas de Manoore ». RadioMorphoses [En ligne], n°3 – 2018, mis en ligne le « 15/05/2018 », URL :   http://www.radiomorphoses.fr/index.php/2018/05/12/participation-radio-communautaire-manoore/

Auteure

Aude JIMENEZ est Docteure au département de communication sociale et publique à l’UQAM (Montréal).

Courriel : audejimenez@gmail.com

 

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