Appels à contribution

« La radio au service des publics,
Enjeux, statuts, missions et programmes »

Revue Radiomorphoses, n°5 à paraître à l’été 2019

 

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.Coordination : Jean-Jacques Cheval et Étienne Damome (Université Bordeaux Montaigne)

Le concept de service public est ancien. Historiquement il est lié à la construction de souverainetés sous les monarchies d’anciens régimes. Il a été réactivé, approfondi et généralisé avec l’émergence des sociétés démocratiques depuis le XIXe siècle et la constitution des États-nations ; les services publics devenant, par la même, instruments justificateurs de ceux-ci. Au XXIe siècle, la notion de service public subit les contrecoups de la mondialisation, des dérégulations et des pensées libérales moins favorables, voire hostiles, à l’action publique, qu’elle émane des États, d’entités et organismes publics plus spécifiques (collectivités locales, établissement d’éducation et de formation par exemple) ou d’entités privées, sans but lucratif, issues des sociétés civiles.

De manière générale, on considère que la notion de service public repose sur certains principes fondamentaux, tels que :

– L’égalité garantie d’accès aux services (pour les médias : c’est la réception, sa liberté assurée et inaliénable, mais ce qui peut aussi se comprendre comme un droit à l’expression directe et à la transmission des informations) ;

– La gratuité ou des coûts raisonnables pour en bénéficier ;

– Une finalité non commerciale des services en question (en tout cas supposant à minima que leur rentabilité ne puisse être leur justification).

À ceci souvent, s’ajoutent quelques autres principes :

– Une continuité dans l’espace et dans le temps au nom de l’unité et de l’égalité de tous les bénéficiaires (ce qui suppose, dans le cas des médias, une continuité de diffusion sur l’ensemble d’un territoire à l’aménagement duquel ils participent, pratiquement et symboliquement) ;

– La mutabilité ou l’adaptation constante aux besoins des destinataires, pour mieux les servir ;

– Les principes discutés de neutralité ou d’équité et, plus encore dans certains pays, de laïcité, devant garantir l’égalité de traitement en respectant leur liberté de conscience et la liberté d’opinion ;

– Souvent, la propriété publique des structures ou, à défaut, leur contrôle public et, de manière substantielle, leur financement ;

– Fréquemment aussi, au concept de service public médiatique, tant sur le plan juridique que sur celui des représentations, se rattachent des missions d’éducation, d’information et de distraction, auxquelles peut s’ajouter une fonction d’aide et d’assistance, directe ou circonstanciée, aux populations, ou à la personne.

– Éventuellement, enfin, est considérée, ou revendiquée, la gestion démocratique de ces services dont témoignerait, en leur sein, la participation des professionnels des services, des intervenants et, éventuellement, celle des auditeurs.

L’idée de service public, de services aux publics s’entrecroise avec les notions d’information et de communication, avec la réalité des services médiatiques, dont la radio ; le  5e numéro de la revue RadioMorphoses sur ce sujet s’inscrit dans la continuité du colloque « La radio au service des publics » organisé à Bordeaux en novembre 2017 par le Groupe de recherches et  d’études sur la radio (GRER). Nous souhaitons prolonger les réflexions et débats amorcés à cette occasion. Les intervenants au colloque, ceux qui ont soumis des propositions de communication à cette occasion, sont invités à participer à nouveau à ce présent appel à contribution, à travers des propositions actualisées, modifiées ou nouvelles. Mais des propositions entièrement inédites sont également souhaitées et attendues. Toutes seront évaluées de la même manière selon les règles habituelles de sélection en « double aveugle » d’une revue scientifique.

Ce numéro propose d’interroger la notion de « radio au service des publics : Enjeux, statuts, missions et programmes », sous trois dimensions particulières. Il s’agira d’interroger leurs statuts spécifiques ; les missions confiées aux médias considérés ou bien que leurs bénéficiaires sont en droit d’attendre d’eux ; les programmes qualifiés comme services aux publics en raison de leurs intentions, de leurs destinations ou de leurs effets. Ces axes sont au cœur de l’appel à contribution, sans être exclusifs pour autant.

STATUTS

Institutionnellement, le statut de service public radiophonique plonge ses racines dans l’histoire de la communication moderne. Des services postaux royaux au télégraphe, les principes et applications communicationnelles ont connu des déclinaisons diverses jusqu’aux médias électroniques, dont la radio. Originellement, la radio britannique (la BBC de 1927) a servi d’exemple de « radio de service public » pour nombre de pays qui refusaient le modèle entrepreneurial états-unien initialement basé sur la seule initiative privée. Adopté avant ou après la Seconde Guerre mondiale, souvent en référence à cette dernière, ce statut a été mis en œuvre et adapté par de nombreux pays occidentaux et inspiré d’autres systèmes nationaux (notamment lors des décolonisations ou dans des logiques de blocs). Mais, souvent associé à la notion de monopole, ce modèle a trouvé ses limites dans l’appropriation étatique et une mise au service des gouvernements ou de régimes politiques ; radiodiffusion publique et radiodiffusion d’État pouvant alors se confondre. La démocratisation des services publics d’information et de communication demeure un des enjeux contemporains et d’avenir pour la radio.

Déjà, diversement dérégulées à la fin du XXe siècle, les institutions de services publics radiophoniques n’ont pas disparu lors de la suppression des monopoles et continuent, avec des fortunes diverses, d’occuper une place face à la concurrence privée dans nombre de paysages médiatiques. Pour autant, après avoir été incontestées, leurs légitimités ne le sont plus. Parfois assimilées à une fonction publique jugée anachronique, ces institutions radiophoniques sont aussi attaquées au nom de la rationalité ou d’idéologies économiques qui visent l’hégémonie, dans ce domaine comme ailleurs.

Radicalement, la suppression de programmes, ou de chaînes de service public (Canada, Grèce, Europe de l’Est…), en particulier les services internationaux, l’annulation de modes de diffusion (les Ondes longues de Radio France ou ailleurs), la difficulté à mettre en place des services de cette nature dans des régions où ils n’existaient pas ou peu (Amérique latine) sont des manifestations du repli des services publics de radiodiffusion, de leur difficulté à exister ou bien des menaces qui pèsent sur eux.

La revue RadioMorphoses souhaite poser des interrogations problématisées autour de la pertinence, de la légitimité et, par-là, de la pérennité des structures institutionnalisées des services publics radiophoniques. Ces problématiques et ces enjeux pourront être abordés en partant de leurs histoires, de leurs réalités présentes et en interrogeant leurs possibles futurs.

MISSIONS

Les notions de service public et de services rendus aux publics ne résident pas seulement dans des considérations de structures, de statuts ou d’institutions. Elles correspondent à des intentions et des constats d’efficience qui, dès lors, peuvent être revendiqués par d’autres secteurs radiophoniques : le tiers secteur de la radio et le secteur commercial. L’État lui-même, les puissances publiques, pouvant déléguer à d’autres qu’eux-mêmes des missions de service public.

On peut penser que la logique intrinsèque d’audience des radios privées suppose fondamentalement la satisfaction des attentes des auditeurs, tant pour le divertissement que l’information, l’éducation ou la culture. Les acteurs privés eux-mêmes avancent souvent l’argument de leur contribution au pluralisme médiatique pour justifier leurs autorisations, leurs fréquences, leur existence, au service des sociétés.

La logique d’expression des radios associatives (parfois aussi appelées « communautaires ») pose le bien fondé de services, à but non lucratif, devant permettre à tous un accès à la parole médiatisée, souvent sur la base de secteurs spécifiques de populations (groupes sociaux ou culturels, territoires particuliers dont les espaces locaux).

Ces missions attribuées, proclamées, convoquées doivent être interrogées. Les contributions proposées pourront viser les dispositifs d’assignation (les cahiers des charges, conventions, engagements souscrits). Les déclarations d’intentions et proclamations se revendiquant de la notion de service public pourront être évaluées du point de vue de leur effectivité réelle ou bien des discours auto légitimant et promotionnels brandis dans des situations de concurrence.

PROGRAMMES

C’est concrètement à travers les programmes que se matérialisent les missions et les intentions des stations. Sous cet angle, les programmes révèlent la façon dont chaque média considère et traite les services aux publics. Au bout du compte, même si tous les programmes peuvent être considérés comme étant autant de services rendus aux auditeurs, habituellement ceux que l’on retient comme appartenant à la catégorie service sont : l’information, l’éducation, la culture, le conseil, la libre antenne, les émissions pour l’enfance et la jeunesse. On remarque souvent que certains types de programmes (documentaires, fictions, créations radiophoniques), se retrouvent essentiellement sur les seules radios de service public au sens institutionnel, leurs cahiers des charges leur en faisant d’ailleurs obligation.

Les coordinateurs de la revue souhaitent publier des articles présentant, de manière analytique et pas seulement descriptive, ces programmes se rangeant dans le registre des émissions de service aux publics et de quelque secteur radiophonique qu’elles puissent émaner. En ce sens, des témoignages particuliers, des monographies, seront recevables ; mais les études comparatives sont encouragées (d’une station ou d’un secteur à l’autre, d’une région ou d’un pays à l’autre).

Calendrier indicatif pour une parution à l’été 2019

  • Lancement de l’appel : 5 novembre 2018 ;
  • Envois des propositions d’articles : 21 décembre 2018 ;
  • Sélection des propositions et notification aux auteurs : 21 janvier 2019 ;
  • Remise des articles pour phase d’expertise scientifique : 30 mars 2019 ;
  • Retour des expertises : 30 avril 2019 ;
  • Navettes avec les auteurs : Mai-Juin 2019 ;
  • Parution du numéro : Été 2019.

Les propositions, sous forme de résumés en français d’une longueur d’environ 3000 signes (espaces compris), doivent être envoyées aux deux coordinateurs pour le 21 décembre 2018 au plus tard :

Jean-Jacques Cheval : jjcheval@msha.fr

Etienne Damome : etienne.damome@u-bordeaux-montaigne.fr

Présentant le projet d’article, chaque proposition, en français, comportera un titre, la problématique et la méthodologie, cinq mots-clés et de trois à cinq références bibliographiques. Les noms de(s) auteur(e)s, leurs fonctions et rattachements institutionnels, ainsi que leurs coordonnées complètes (mails, téléphones et adresses postales). Si la proposition doit nous parvenir en français, des contributions finales rédigées en anglais ou en espagnol pourront être publiées, mais dans une proportion minoritaire au sein du futur dossier.

Si leurs propositions sont retenues, les auteur-e-s devront se conformer aux consignes rédactionnelles complètes disponibles sur le site de la revue RadioMorphoses :

www.radiomorphoses.fr/index.php/2016/05/09/consignes-redactionnelles/

 

« Les renouvellements de l’écriture radiophonique : programmes, formes, contenus »

Revue Radiomorphoses, n°4 à paraître en 2018

Extension de la date de retour des propositions au 5 février 2018 !

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Coordination : Séverine Equoy Hutin (Université de Bourgogne Franche-Comté) et Christophe Deleu (Université de Strasbourg)

Dans le chapitre conclusif du manuel de la radio, Frédéric Antoine souligne qu’ « en ce début de siècle, la radio connaît de nombreux renouveaux, qui en modifient à la fois les contenus, les formes, les modes de transmission et de réception et revisitent son statut de média de masse » (Antoine, 2016 : 203). C’est ainsi un champ de recherche stimulant qui s’ouvre du côté des modalités de remédiation (Bolter et Grusin, 1999) et de ré-novation (Angé et Renaud, 2012) de la radio. Certes les travaux récents sur la radio insistent largement sur les évolutions liées au numérique et le tournant “postradiophonique” (Poulain, 2010 ; Gago et alii, 2007). S’il n’est pas possible d’en ignorer les enjeux ni d’en minorer l’impact, il ne s’agit pas dans ce dossier de s’en tenir à un questionnement spécifiquement centré sur les relations entretenues entre la radio et les nouvelles technologies numériques mais davantage de questionner les nouvelles pratiques et les nouveaux usages sous l’angle des nouvelles formes que ceux-ci produisent. Car, comme le rappelle Laurent Fauré, « les capacités d’adaptation de la radio à l’ère numérique se trouvent sans doute nourries de ses qualités antérieures et que le web a développées : audience massive, interactivité, instantanéité, technologie ‘légère’ et mobilité des usages […]  mais aussi fonctionnements participatifs et de proximité… » (2013 : 8). Plus largement, nous proposons d’explorer les mutations de l’écriture radiophonique en relation avec les environnements quotidiens contemporains, numériques ou non, et les enjeux qu’elles recouvrent sous l’angle des tensions entre l’ancien et le nouveau. En effet, les phénomènes nouveaux « ne naissent pas de novo » (Angé et Renaud, 2012 : 37) et ces renouvellements engendrent des traces (Bachimont, 2017), dans la matérialité de l’écriture (Jeanneret, 2011).

Partant de la fonction d’accompagnement du quotidien (Starkey, 2008) que l’on reconnaît au média radio et notamment de l’idée que celle-ci évolue en relation avec les autres médias, sur le plan des pratiques de production comme de réception, des logiques de programmation et des formes, nous proposons de réunir dans ce dossier des études qui mettent l’accent sur les trans-formations contemporaines de l’écriture radiophonique : les contributions pourront proposer des questionnements théoriques (dans une perspective historique, sociologique, communicationnelle, anthropologique et discursive), méthodologiques (comment saisir l’évolution des formes? comment repérer les traces de ces mutations ?) ou empiriques (quelles innovations et quelles expériences sonores la radio propose-t-elle aujourd’hui ?).

Nouvelles écritures radiophoniques

Le concept d’écriture, entendu comme mode d’agencement des formes résultant d’une intention de rendre une pensée visible et communicable, a fait l’objet de nombreux travaux qui en ont montré toute la complexité (Leroi-Gourhan, Christin, Goody). Son intérêt réside notamment dans le fait qu’il renvoie à la fois à l’instance de production comprenant les logiques de l’ensemble des acteurs professionnels impliqués (Glevarec, 2001), les logiques organisationnelles (éditoriales notamment) et les logiques économiques ; à l’instance de réception (les publics, projetés ou réels) et aux logiques de fidélisation ; et au produit médiatique dans sa matérialité (les choix formels, énonciatifs, rhétoriques et discursifs tenant compte du dispositif – matériau et support -, des genres et formats, de la nature du propos et des systèmes de représentations associés).

L’écriture peut être considérée comme un système technique issu d’un processus animé d’une intention de communiquer, faisant l’objet d’une préparation (enregistrements, montage et travail des sons, structuration de l’émission) et d’une mise en œuvre pensée pour une activité de réception. Plus particulièrement, l’écriture radiophonique met en scène différents éléments « organisés, construits, élaborés selon certaines lignes d’orientation par la volonté d’un producteur ou dun auteur radiophonique » (Richard, 1985 : 30) et « recrée efficacement l’illusion d’une continuité cohérente, d’un temps plus intense : le temps de l’écoute » (Saint Martin et Crozat, 2007 : 7). Sa fonction première est d’organiser l’écoute en mettant en scène des éléments disparates dans une forme de flux qui suscite l’image et l’imaginaire (Oliveira, 2011). L’écriture produit et rend visible des traces (Jeanneret, 2011), des actes qui renvoient à des processus de production, de construction et de réception. Ce sont précisément ces dynamiques de variation et d’innovation que nous cherchons à saisir à travers l’observation des dispositifs radiophoniques contemporains.

Deux axes majeurs seront privilégiés pour ce numéro :

Axe 1 : Nouveaux genres, nouvelles formes, nouveaux usages et nouvelles logiques de programmation : avènements, mutations, disparition, réapparition, reconfiguration

Cet axe propose d’interroger la plasticité des genres, la diversité des formats et les relations intermédiatiques que la radio entretient dans leur relation à l’avènement ou au retour de formes ou de modes comme le récit qui, des radios hertziennes aux nouveaux supports radiophoniques, occupe aujourd’hui « des nouveaux espaces, avec un nouveau langage et des nouveaux usages » (Antoine, 2012 : 8). Depuis la typologie des genres radiophoniques des années 30 proposée par Méadel (1994) et l’ouvrage dirigé par Charaudeau (1984), quels renouvellements l’écriture radiophonique a-t-elle connu ? Peut-on détecter des thématiques, des genres et des formats nouveaux et pérennes ? A l’inverse, assiste-t-on à des disparitions, à des explosions ou à des retours en force de certains genres (par exemple issus de la radio numérique et de la web radio) ou de certains formats ? Comment ces thématiques, ces genres, ces formats émergent-ils en relation avec des contextes particuliers ou des évènements ?

Les logiques de programmation et leur évolution en relation avec des logiques économiques et des logiques d’usage méritent également d’être interrogées sous l’angle de l’écriture, des traces et des codes que les initiatives des programmateurs bousculent. Dans cette lignée, on peut questionner les relations à établir entre ces renouvellements, les publics et les nouveaux usages. Par exemple, quels ajustements aux temps sociaux (Glevarec et Pinet, 2007) des auditeurs peut-on observer ? Quelles modalités d’inclusion, de participation et d’interactivité avec l’auditeur, l’écriture radiophonique propose-t-elle aujourd’hui au regard des enjeux de fidélisation, des logiques de spécialisation, de la nature hétérogène des auditoires, des pratiques des publics et du passage au numérique ? Quelle modalités nouvelles d’écriture interactive (Séguy, 2000 ; Schmitt, 2016) et de mise en scène de la parole des autres (Deleu, 2006) peut-on observer à la radio ? Les radios musicales (Glevarec, 2007), compte tenu de leurs spécificités et de leurs contraintes, peuvent aussi être interrogées sous cet angle, de même que la distinction radios privées / radios publiques.

Axe 2 : Processus de production radiophonique et de création sonore : diversités, enjeux, pratiques professionnelles

Un des objectifs de ce dossier est de s’intéresser aux créations et aux initiatives sonores telles qu’elles sont observables aujourd’hui : il s’agit notamment d’observer les dispositifs, d’identifier les acteurs et les contextes de ces performances sonores. Par exemple, des structures comme les radios associatives peuvent constituer des laboratoires de création sonore. Comment ces créations travaillent-elles les formes et la dimension esthétique de la radio (Biewen et Dilworth, 2017 ; Deleu, 2013) ?

Ces initiatives interrogent, renouvellent voire bouleversent les pratiques et les modes d’écriture. Dans le contexte du boom des podcasts et des téléchargements, les sites d’offres de podcasts radiophoniques (Binge, BoxSons, Slate, Arte Radio, Magnéto, Nouvelles écoutes…) redéfinissent la donne. Ces nouvelles offres attirent de nouveaux acteurs et de nouveaux financeurs (Amazon, le financement participatif type crowfunding, les abonnements…) : ces nouveaux acteurs peuvent-ils influencer le fonctionnement des radios ? De quelles manières ?

De façon transversale dans ce dossier consacré à la reconfiguration du périmètre et des formes radiophoniques, se poseront nécessairement des questions méthodologiques : les mutations observables engendrent de nouvelles méthodes d’analyse qui bousculent les approches plus « traditionnelles » de la radio. Ainsi, les disciplines qui développent une approche communicationnelle de l’écriture radiophonique et qui s’intéressent à ses enjeux matériels, sociaux et culturels réinterrogent leur modèle d’analyse. Quels types d’approche permettent de mieux saisir ces mutations (discursive, socio-technique, socio-sémiotique, sémio-pragmatique…) ? Dans quelle mesure les enquêtes de terrain permettent-elles de documenter les processus de production (Fauré, 2012) et d’observer ces mutations (Wolff, 2016) ?

Ce dossier sera donc également l’occasion de mettre en lumière des approches permettant de rendre compte des mutations de l’écriture radiophonique liées par exemple à l’intermédialité (Gaudreault et Marion, 1998 ; Müller, 1996) et à l’élargissement des frontières du radiophonique dans une perspective qui dépasse la question du support pour penser les modalités de reconfiguration des formes et des pratiques.

Bibliographie indicative :

Angé Caroline et Renaud Lise, 2012, « Les écritures émergentes des objets communicationnels. De la rénovation », Communication & langages, 2012, pp. 35-39.

Antoine Frédéric (coord.), 2012, Radio et narration. De l’enchantement ou réenchantement, Recherches en communication, 37, UCL, Louvain-La-Neuve.

Antoine Frédéric (dir), 2016, Analyser la radio. Méthodes et mises en pratique, de Boeck, Louvain-La-Neuve.

Bachimont, Bruno, 2017, Patrimoine et numérique : Technique et politique de la mémoire, Paris, Ina Editions

Bolter J. et Grusin R. (1999), Remediation : undestarding New Media, MIT Press.

Biewen, John ; Dilworth, Alexa (Éd.), 2017, Reality radio. Telling true stories in sound, Durham N.C, University of Carolina Press, (2nd edition).

Bouchardon Serge, Cailleau Isabelle, Crozat Stéphane, Bachimont Bruno, Thibaud Hulin, 2011, « Explorer les possibles de l’écriture multimédia », Les Enjeux de l’information et de la communication, 2/2011 (n° 12/2), pp. 11-24.

Charaudeau, Patrick (dir.), 1984, Aspects du discours radiophonique, Didier-Érudition, Paris.

Cheval, Jean-Jacques, 2008, « De la radio à la postradio », Médiamorphoses n° 23, Bry-sur-Marne, INA, pp. 23-29

Deleu, Christophe, 2013, Le documentaire radiophonique, Paris, INA/L’Harmattan, coll. Médias Recherches.

Deleu, Christophe, 2006, Les anonymes à la radio. Usages, fonctions et portée de leur parole, Bruxelles, De Boeck/INA, coll. Études.

Fauré, Laurent, 2013, « Analyser les pratiques discursives radiophoniques : nouveaux enjeux et perspectives », Cahiers de praxématique [En ligne], 61, mis en ligne le 01 janvier 2014, consulté le 09 mars 2017. URL : http://praxematique.revues.org/2429

Gago, Laurent, Cheval, Jean-Jacques & Gire, Silvain, 2007, « ARTE Radio.com : la radio est un art, pas seulement un transistor », Médiamorphoses, 23, Entretien avec L. Gago & J.-J. Cheval, pp. 133-138.

Gaudreault, André et Marion, Philippe, 1998, « Transécriture et médiatique narrative. L’enjeu de l’intermédialité », in André Gaudreault (dir.), Thierry Groensteen (dir.), La Transécriture. Pour une théorie de l’adaptation, Québec/Angoulême, Nota Bene/Centre national de la bande dessinée et de l’image, pp. 31-52

Glevarec Hervé, 2014, « Le propre de la radio. Fonctions radiophoniques et nouveau statut de la radio dans l’environnement numérique », Le Temps des médias, 22, pp. 123-133.

Glevarec Hervé, 2001, France Culture à l’œuvre. Dynamique des professions et mise en forme radiophonique, Paris, CNRS Editions.

Glevarec Hervé et Pinet Michel, 2007, « Les temps sociaux de la radio »,  Quaderni, n°64, pp. 113-120.

Glevarec Hervé  et Pinet Michel, 2007, « L’écoute de la radio en France. Hétérogénéité des pratiques et spécialisation des auditoires », Questions de communication, 12, pp. 279-310.

Guglielmone Isabel, 2012, « La radio ‘enrichie’. Nouveau support, nouveau récit ? », Radio et narration. De l’enchantement ou réenchantement, Recherches en communication, 37, UCL, Louvain-La-Neuve, pp. 129-142.

Jeanneret, Yves, 2011, « Complexité de la notion de trace », in L’homme trace. Perspectives anthropologiques des traces contemporaines (B. Galinon Mélenec, dir), CNRAS Editions, pp. 59-86.

Le Pajolec Sébastien, 2012, « Entretien avec Emmanuel Laurentin », Sociétés & Représentations, 1/2012 (n° 33), pp. 241-252.

Méadel, Cécile, 1994, Histoire de la radio des années 30. Anthropos/INA.

Müller, Jürgen Ernst, 1996, Intermedialität : Formen moderner kultureller Kommunikation, Münster, Nodus.

Oliveira, Madalena, 2011, « L’esthétique de l’écoute », Sociétés, 1/2011, 111, pp. 123-130.

Poulain, Sébastien, 2010, « Colloque ». Le Temps des médias 14(1), 256-257. DOI : 10.3917/tdm.014.0256

Richard Lionel, 1985, « De la radio et de l’écriture radiophonique », Semen [En ligne], 2 | 1985, mis en ligne le 12 juin 2007, consulté le 07 décembre 2016. URL : http://semen.revues.org/3733

Saint Martin Dominique et Crozat Stéphane, 2007, « Écouter, approfondir… Perspectives d’usage d’une radio interactive », Distances et savoirs, 2/2007 (Vol. 5), pp. 257-273.

Seguy Françoise, 2000, « Les questionnements des écritures interactives », Les enjeux de l’information et de la communication, Grenoble, Université Grenoble III, Février 2000, Disponible sur : http://w3.ugrenoble3.fr/les_enjeux/2000/Seguy/index.php

Schmitt Blandine, 2016, Radiographie de l’interactivité radiophonique. Sciences de l’information et de la communication. Université Michel de Montaigne – Bordeaux III.

Starkey, Guy, 2008, « La bande sonore de nos vies », Médiamorphoses n° 23, Bry-sur-Marne, INA, pp. 139-143.

Wolff Éliane, 2016, « Les (nouveaux ?) territoires de la radio Radio FreeDom et ses auditeurs », RadioMorphoses, [En ligne], n°1 – 2016, mis en ligne 18/11/2016 , URL :  www.radiomorphoses.fr/index.php/2016/05/04/les-nouveaux-territoires-de-la-radio-radio-freedom-et-ses-auditeurs/

Calendrier pour une parution à l’automne 2018

  • lancement de l’appel : 1er décembre 2017
  • retours des propositions aux coordinateurs : 15 janvier 2018
  • décision communiquée aux auteurs : début février 2018
  • retours des articles pour phase d’expertise : 1er mai 2018
  • retour d’expertises : juin 2018
  • phase de retravail des articles après retour d’expertise : juin-octobre 2018
  • dépôt du numéro à la revue : novembre-décembre 2018
  • hiver 2018 : mise en ligne

Les propositions, sous forme de résumés en français d’une longueur d’environ 3000 signes (espaces compris), doivent être envoyées aux deux coordinateurs :

Christophe Deleu : lalointaine@gmail.com

Séverine Equoy Hutin : severine.equoy-hutin@univ-fcomte.fr

Afin de préserver l’anonymat des propositions, la première page doit contenir : le titre de la proposition, les noms, les coordonnées de l’auteur ou des auteurs et leur affiliation institutionnelle, ainsi que cinq mots-clés. Les pages suivantes présenteront le titre, le texte de la proposition et une courte bibliographie. Dans la phase de rédaction des articles, les auteurs se reporteront aux consignes publiées sur le site de la revue : http://www.radiomorphoses.fr/index.php/2016/05/09/consignes-redactionnelles/

 

« La radio en Afrique au XXIème siècle: mutations et enjeux »

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Coordination  :  Etienne  DAMOME  (Université  Bordeaux  Montaigne), Sylvie CAPITANT (Université Paris 1), Nozha SMATI (Université Lille 3)

Alors  que  le continent  Africain  a  été  durablement  présenté comme un  espace  privilégié  du  média radiophonique, les mutations profondes que connait le secteur médiatique, en Afrique  comme  ailleurs,  tendent  à  redéfinir  les  pratiques,  les  usages  et  les  modalités  de  fonctionnement de la radio en Afrique au début de ce XXIème siècle.

Les évolutions sont d’abord structurelles. Le secteur radiophonique, hérité de la libération des ondes des années 1990, est désormais relativement stabilisé. Mais beaucoup de radios, dans leur diversités (commerciales, associatives, publiques, religieuses) restent fragiles et peinent à définir  un  modèle  économique  durable  dans  un  contexte  de  raréfaction  des  ressources extérieures, de modestie du secteur économique intérieur tout particulièrement dans les pays francophones, et une relance de la concurrence avec les projets d’informations numériques.

Un tiers secteur – qui n’a pas fini de s’inventer – s’est aussi développé. Divers acteurs de la société  civile  (associations, ONG, groupes  religieux)  font  preuve  d’une  grande  imagination pour couvrir tous les domaines de la vie sociale et culturelle. Des stations communautaires et associatives  de  toutes  sortes  contribuent  ainsi  à rapprocher  encore  plus  la radio  des populations  et  à  faciliter  son  appropriation  par  les  couches  les  plus  populaires  des sociétés africaines contemporaines.

Les  mutations  sont  également technologiques.  Le  processus  de  numérisation  est inconditionnellement en marche. Cependant il est loin d’être uniforme et d’engager le secteur dans sa globalité. Il existe en effet des inégalités parfois très grandes d’accès aux nouveaux équipements à l’échelle régionale, les radios de certains pays étant plus avancées que celles d’autres pays. Ce décalage existe aussi à  l’intérieur d’un même pays,  l’accès aux  nouvelles normes techniques étant favorable à une minorité de promoteurs de radios qui ont les moyens  de s’équiper et défavorable à une majorité constituée de promoteurs de radios associatives ou communautaires  et  de  radios  privées  locales. Les  inégalités  existent par  ailleurs  entre  les milieux urbains et les milieux ruraux, plus précisément entre capitales/grandes métropoles et le  reste  des  territoires,  notamment  à  cause  de  l’inégalité  au  niveau  des  équipements  électriques.

Ces mutations technologiques ont des implications culturelles par la redéfinition du rapport au local qu’elles engendrent. Les TIC renouvellent considérablement aujourd’hui les audiences en  donnant  aux  radios  locales  une  diffusion  internationale,  grâce  à  la  réception  par  les membres  des  différentes  communautés  linguistiques  disséminés  dans  la  diaspora. En  même temps, elles renforcent leur ancrage local et identitaire, grâce à une couverture améliorée du

territoire. Mais les TIC transforment aussi les formes de participation, le développement de la téléphonie mobile ayant fait revenir à la radio des publics plus jeunes et plus urbains, tentés par  l’écoute  en  mobilité, et  renouvelé les  moyens  d’une  co-construction  de  contenus médiatiques.

Les  usages  des  TIC  et  du  numérique  créent  de  nouvelles  pratiques  professionnelles  et médiatiques.  On  peut  évoquer  les  tâches  spécifiques  liées  à la  diffusion  sur  Internet  ou  sur satellite.  Mais  il  faut  surtout  noter  l’intégration  de  plus  en  plus  importante  du  téléphone mobile dans  la production et  la diffusion de  l’information. Si  ce  nouvel outil  « du pauvre » permet  aux  stations  de  contourner  les  limites  imposées  par  le  manque  de matériel professionnel performant, il pose problème à ceux qui désirent des produits radiophoniques de qualité. Par ailleurs, il semble avoir fragilisé un peu plus la sécurité des journalistes en rendant plus facilement accessibles leurs données privées.

Enfin, les mutations sont aussi de nature sociale et politique. Les radios, malgré la montée en force d’autres outils d’information, sont les médias qui utilisent le plus les langues nationales africaines, se dotant ainsi d’une force de proximité et de diffusion inestimable. Les radios se sont  aussi  montrées capables  d’assurer  un  rôle  capital  dans  bon  nombre  de  soulèvements populaires récents, les exemples burkinabè et burundais, bien que très différents, en sont une illustration frappante. Aussi dans le contexte postrévolutionnaire au Maghreb, le lancement de nouvelles  radios  constitue  t-il  un  levier  pour  la  promotion de  la  liberté d’expression  et  du processus de transition démocratique. En Tunisie, la création de radios privées et associatives, soutenues par  des  organismes nationaux  et  internationaux,  contribue  à  la  diversification  du secteur audiovisuel. En dépit des multiples contraintes (juridiques, techniques, économiques, etc.) qui entravent leur fonctionnement, la naissance de ces radios  est significative d’autant plus que la culture associative et citoyenne est récente dans ce pays. Le foisonnement de ces

médias, acteurs  de  la  transition  démocratique  et de contre-pouvoir,  reflète  in  fine  une  forte aspiration citoyenne  à  une  information  alternative et  pluraliste,  à  une  voix  dissonante aux médias dominants.

La radio, loin d’être reléguée dans les bois sacrés de la tradition, se renouvelle et s’adapte. Le dossier invite les chercheurs et les professionnels à réfléchir sur les pratiques et les enjeux de ces métamorphoses.

Espaces géographiques

Malgré la diversité des situations, ce dossier s’intéresse à l’Afrique dans sa globalité dans le but de faire apparaître les spécificités sous régionales et parfois même nationales. Les données de l’Afrique du Nord sont autant attendues que celles de l’Afrique subsaharienne. Par ailleurs les exemples des pays anglophones ou lusophones seront particulièrement appréciés, surtout s’ils permettent une comparaison avec ceux de l’Afrique francophone.

Axes thématiques

Ce dossier souhaite interroger chercheurs et professionnels sur toutes ces questions et celles qui leur sont liées à travers cinq axes principaux.

Axe1 : Mutations structurelles, stratégiques et règlementaires

Qu’en est-il de la place de la radio aujourd’hui en Afrique ? Est-elle toujours le média roi ou les autres médias, sociaux ou non, sont-ils en train de la reléguer aux seules zones rurales ?

Voit-on  se  mettre  en  place  des  stratégies  médiatiques  sur  le  long  terme ? Invente-t-on  des modèles économiques viables ? Y a-t-il des formes innovantes de gouvernance en particulier dans les radios du tiers secteur ? La régulation a-t-elle suivi ces évolutions ?

Axe2 : Conséquences sociales, culturelles et juridiques des mutations liées au numérique

Quels  sont  les  exemples  de  numérisation  réussie ?  Dans  quelle  mesure  cette  évolution pourrait-elle présenter de nouvelles opportunités pour le paysage radiophonique africain et en même temps maintenir l’ancrage local et le lien privilégié avec le public africain ? Quels sont les  risques  pour  la  perte  d’identité  des  radios  communautaires ?  Quelle  possibilité  pour  les radios privées de conserver la main sur leur diffusion dans des pays autoritaires ?

Axe3 : Implications des mutations technologiques sur la réception

Quels publics ? Quelles formes de participation les TIC permettent-elles ? Quelles incidences ont-elles  sur  l’accès  aux  contenus  informationnels ?  Quelles  productions  citoyennes d’informations enregistre-t-on ?  Quels  nouveaux  usages citoyens  de  la  radio observe-t-on ?

Par ailleurs,  y  a-t-il une réelle amélioration des conditions de réception ? Quelles catégoriesde la société en bénéficient le plus ?

Axe4 : Transformations des pratiques professionnelles

Quels  sont  les  différents  usages  et  appropriations  des TIC  en  journalisme  radiophonique ?

Quels impacts ces usages ont-ils sur  les pratiques et identités professionnelles ? Y a-t-il des risques pour une information de moindre qualité ? Y a-t-il des risques pour un bon exercice du métier  et  pour  la  sécurité  personnelle  du  journaliste radio  ?  Quels  rapports  les  journalistes entretiennent-ils avec leurs sources et leurs publics?

Axe 5 : Rôle politique et social des radios ?

Quel  rôle  des  radios  dans  les  crises  politiques  et  sociales ?  La  place  des  acteurs radiophoniques dans l’espace public ? Leur capacité à soutenir des débats démocratiques ou alors  à  renforcer  les  oppositions ?  Leur  capacité  à  faire  dialoguer ?  Leur  capacité  à  la redevabilité des acteurs politiques et économiques ? Se sont-elles autonomisées de l’approche très prégnante des bailleurs de fonds qui  les lient au projet développementaliste ?

Soumission et procédure d’évaluation

L’évaluation sera assurée en double aveugle par le comité de lecture sur la base d’un résumé en français ou en anglais de 3500 signes au format Word comportant un titre, le nom de (des) auteur-e(s),  son  affiliation  universitaire,  ses  coordonnées  complètes.  L’auteur  précisera  la problématique, les objectifs ainsi que quelques références bibliographiques.  Les consignes de r rédaction  et  recommandations  aux  auteurs  sont  disponibles  sur  le  carnet  de  recherche  RadioGraphy : http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/1185/files/2015/07/ICI.pdf

Les  propositions  sont  à  adresser au  plus  tard  le  15  décembre  2015 aux  trois  adresses suivantes :  etiennedamome@gmail.com ; sylviecapitant@rocketmail.com ; nozha.smati@univ-lille3.fr

Calendrier

15 décembre 2015 : soumission du résumé

15 janvier 2016 : Sélection des propositions et notifications aux auteurs

15 mars 2016 : remise des articles intégraux (entre 30000 et 35000 signes espaces, notes et

bibliographie compris)

Comité de lecture

ANTOINE Frédéric, Université Louvain-la-Neuve, Belgique

AMSIDDER Abderrahmane, Université IBN Zohr Agadir, Maroc

ASSOGBA Henri, Université de Laval, Canada

AW Rokaya Eugénie, CESTI, Sénégal.

BART Annie, Université Bordeaux Montaigne, France

CANDEL Etienne, Université Paris 4, France

DA LAGE Émilie, Université Lille 3, France

FAURÉ Laurent, Université de Montpellier, France

FRÈRE Marie-Soleil, Université de Bruxelles, Belgique

GAZI Angeliki, Université de Limassol, Chypre

GUAYBESS Tourya, Université de Lorraine, France

KIYINDOU Alain, Université Bordeaux Montaigne, France

MEYER Vincent, Université de Nice Sophia Antipolis, France

SANTOS SAINZ Maria, Université Bordeaux Montaigne, France

STARKEY Guy, Université de Sunderland, Royaume-Uni

ZAMIT Fredj, Université de la Manouba, Tunisie

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